La Jeune femme à l’aiguille : La critique

LA JEUNE FEMME À L’AIGUILLE
Date de sortie : 09/04/2025
Titre original : Pigen med nålen
Durée du film : 2 h 02
Réalisateur : Magnus von Horn
Scénaristes : Line Langebek Knudsen, Magnus von Horn
Interprètes : Victoria Carmen Sonne, Trine Dyrholm, Besir Zeciri, Joachim Fjelstrup, Tessa Hoder, Soren Saetter-Lassen, Anna Tulestedt, Ari Alexander
LA CRITIQUE
La Jeune femme à l’aiguille est un très bon film qui s’inspire d’une histoire réelle qui a défrayé la chronique au Pays-Bas en 1918.
Le scénario de Line Langebek Knudsen et du réalisateur Magnus von Horn se focalise sur une jeune ouvrière qui tombe enceinte et voit revenir dans sa vie son mari qu’elle pensait mort à la guerre. Ne pouvant pas élever son enfant, elle va le confier à une femme qui se charge de les faire adopter par des riches familles. Elle va alors se rapprocher de cette dernière et devenir son assistante.
Le film de Magnus von Horn parle magnifiquement des ravages de la guerre, de la lutte des classes et de la famille. De plus, à travers son personnage principal, il permet de s’immigrer dans la condition féminine et de voir les solutions, réduites à l’époque, permettant aux femmes de pouvoir soit avorter, soit confier leurs enfants dans l’espoir qu’ils auraient une vie meilleure qu’elles.
La mise en scène utilise des passages à la limite de l’expérimental pour montrer, notamment, l’impact de la guerre sur des humains qui revenaient parfois avec des visages et des corps brisés. Certaines images sont réellement magnifiques et elles prennent progressivement tout leur sens au fur et à mesure de l’avancée du récit.
L’œuvre se mâtine aussi progressivement d’une pointe de thriller et un véritable suspense s’installe quand le personnage principal se rend compte que tout ne semble pas aussi simple qu’elle le pensait.
Elle est magnifiquement incarnée par Victoria Carmen Sonne qui livre le portrait vivace d’une femme essayant avant tout de survivre et de prendre sa vie en main. Trine Dyrholm est remarquable en femme se chargeant de recueillir des enfants pour permettre à des couples n’en n’ayant pas de les adopter. Leur duo fonctionne parfaitement et montre très bien l’emprise, parfois malsain, de la seconde sur la première. Ce qui renforce la dramaturgie d’un long métrage à la deuxième partie particulièrement marquante. Et Besir Zeciri est impeccable en ancien soldat blessé voulant retrouver sa femme et son existence antérieure.
Le personnage, même s’il est plus en retrait, permet de décrire la manière dont la réinsertion des hommes aux visages cassés s’était faite à l’époque, alors que malgré leur sacrifice pour leur patrie, ces derniers étaient pratiquement considérés comme des parias.
Malgré ses thématiques très sombres, voire horrifiques, l’œuvre possède une véritable poésie, parfois crépusculaire. Elle fascine rapidement et envoûte le spectateur qui subira des hauts et des bas émotionnels durant tout le récit, jusqu’à un final extrêmement touchant.
La superbe photographie de Michal Dymek offre un noir et blanc très travaillé. Ce qui renforce cette immersion au siècle précédent, d’autant que les décors de Jagna Dobesz et les costumes de Malgorzata Fudala sont très réussis.
Le montage d’Agnieszka Glinska est aussi d’une grande finesse. On passe ainsi d’un plan à l’autre avec beaucoup d’aisance et les indices intégrés dans la trame narrative prennent toute leur valeur lorsque une grande révélation arrive. Sans compter que la musique de Frederikke Hoffmeier a aussi son importance sur ce qui est montré.
La Jeune femme à l’aiguille est un très bon film qui s’appuie sur un terrible fait divers pour proposer une magnifique réflexion sur la femme, la maternité et la famille. Avec son histoire écrite avec une grande délicatesse, sa réalisation de toute beauté et sa magnifique interprétation, il n’est pas surprenant que malgré son absence de genre à proprement dit, l’œuvre ait remporté le Prix du public à L’Étrange Festival 2024.
Surprenant et bouleversant.
SYNOPSIS
Copenhague, 1918. Karoline, une jeune ouvrière, lutte pour survivre Alors qu’elle tombe enceinte, elle rencontre Dagmar, une femme charismatique qui dirige une agence d’adoption clandestine. Un lien fort se crée entre les deux femmes et Karoline accepte un rôle de nourrice à ses côtés.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
Photographie : Michal Dymek
Montage : Agnieszka Glinska
Musique : Frederikke Hoffmeier
Costumes : Malgorzata Fudala
Décors : Jagna Dobesz
Producteurs : Malene Blenkov, Mariusz Wlodarski pour Nordisk Film, Creative Alliance, Lava Films, Film i Väst, EC1 Lódz - Miasto Kultury
Distributeur : Bac Films
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