Wet Monday : La critique

WET MONDAY
Date de sortie : 02/04/2025
Titre original : Lany poniedzialek
Durée du film : 1 h 27
Réalisatrice : Justyna Mytnik
Scénaristes : Monika Dembinska, Rosanna Hall, Justyna Mytnik
Interprètes : Julia Polaczek, Nel Kaczmarek, Weronika Kozakowska, Jowita Budnik, Maja Kleszcz
LA CRITIQUE
Wet Monday est un très bon film polonais parlant avec une très grande délicatesse de l’agression.
Le scénario de Monika Dembinska, Rosanna Hall et de la réalisatrice Justyna Mytnik se focalise sur une jeune fille qui développe une étrange phobie à l’eau. Cette dernière va alors se rendre compte qu’elle est liée à l’agression qu’elle a subie et qu’elle essaye d’occulter.
Le film de Justyna Mytnik, dont c’est le premier long métrage après des courts primés dans le monde entier, s’appuie aussi bien sur la réalité et sur les traditions religieuses de la Pologne actuelle que sur le folklore et les légendes, ainsi que sur d’anciennes croyances païennes.
En effet, le récit se déroule une semaine avant le lundi de Pâques et jours s’écoulent avec un compte à rebours jusqu’à celui-ci pendant lequel une tradition locale, le Wet Monday a lieu chaque année.
La réalisatrice se souvient bien de cette fête et montre parfaitement que sous couvert de joie, une certaine violence, notamment des hommes vis-à-vis des femmes, se joue derrière les festivités. En effet, les personnes doivent s’arroser d’eau et les limites entre le jeu et le harcèlement sont bien floues.
L’œuvre emprunte les codes du fantastique, notamment au sein de séquences de rêve qui sont de toute beauté. Ces dernières ont une grande importance et servent de fil rouge à un récit qui dévoile progressivement ses sombres recoins aux spectateurs. La très belle photographie de Maciej Twardowski les capte parfaitement et leur apporte une certaine poésie cauchemardesque. Alors que la fort belle musique d’Erki Pärnoja offre une autre dimension à certains passages.
Julia Polaczek est magnifique en jeune fille voyant vie se déliter. Elle campe avec une grande justesse cette jeune femme qui va progressivement reprendre son destin en main. Nel Kaczmarek est excellente dans le rôle de sa sœur très proche, mais pas toujours à l’écoute. Les deux comédiennes offrent un beau duo où la sororité rend toute sa force. D’autant que Weronika Kozakowska est superbe en amie qui va les aider.
Le long métrage a une très belle sensibilité et beaucoup de non-dits, qui parleront peut-être plus à un public féminin que masculin. De plus, la brillante mise en scène offre des tableaux marquants et réussit à ne jamais faire tomber le récit dans le misérabilisme, tout en lui apportant un côté solaire qui s’étoffe progressivement.
Wet Monday est un très bon film parlant avec justesse de la violence et de la solidarité féminine. Son histoire écrite avec subtilité et superbement mise en scène est particulièrement poignante, d’autant que le trio d’actrices qui porte l’œuvre sur leurs épaules est vraiment convaincant. Aussi, il ne faut pas s’arrêter à la thématique et à son traitement parfois fantastique, mais se plonger sans hésiter au cœur de cette histoire à la fois intemporelle et universelle.
Puissant et émouvant.
SYNOPSIS
Klara, 15 ans, doit faire face à un traumatisme qui s’exprime par une soudaine phobie de l’eau. Elle peut compter sur le soutien de Diana, sa nouvelle amie. Une histoire teintée de magie sur la puissance de l’empathie et de la sororité, au cœur des célébrations colorées de Pâques en Pologne.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
Photographie : Maciej Twardowski
Montage : Nikodem Chabior
Musique : Erki Pärnoja
Costumes : Marzena Wojciechowska
Décors : Jana Laczynska
Productrice : Marta Gmosinska pour Lava Films, Alexandra Film, Bionaut
Distributeur : Wayna Pitch
LIENS
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© Karolina Grabowska
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