Porcherie : La critique
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PORCHERIE
Date de sortie : 05/03/2025
Titre original : Porcile
Durée du film : 1 h 38
Réalisateur : Pier Paolo Pasolini
Scénariste : Pier Paolo Pasolini
Interprètes : Jean-Pierre Léaud, Anne Wiazemsky, Pierre Clémenti, Ugo Tognazzi, Franco Citti, Ninetto Davoli, Marco Ferreri, Alberto Lionello
LA CRITIQUE
Porcherie est un très bon film de Pier Paolo Pasolini qui fait le parallèle entre deux époques très différentes, et chacune offrant des situations délétères.
En effet, le scénario de Pier Paolo Pasolini suit, d’un côté un jeune homme essayant de survivre sur une terre désolée et dévorant tout ce qui passe à sa proximité, et de l’autre s’attache aux pas de l’héritier d’un riche bourgeois allemand après la Deuxième Guerre mondiale qui aime les cochons.
Cette œuvre, la plus singulière de la filmographie du grand réalisateur italien, nécessite un peu de temps pour être digérée. Effectivement, celui-ci joue avec le spectateur, utilise des répliques ciselées qui restent longtemps en mémoire et fait réfléchir sur la société actuelle. Car malgré ses 56 années, le long métrage est toujours d’une actualité confondante.
C’est d’ailleurs une très belle version restaurée qui est proposée. Ce qui permet d’apprécier au mieux la belle photographie de Tonino Delli Colli, Armando Nannuzzi et Giuseppe Ruzzolini et les décors impressionnants du manoir où se déroule une partie de l’intrigue. Quant aux paysages volcaniques au cœur desquels se situe l’autre histoire, ils sont magnifiques et rendent le drame qui s’y déroule encore plus imposant. En effet, les humains apparaissent parfois écrasés par la nature qui les entoure, ressemblant parfois à des fourmis s’y déplaçant et y vivant une rude existence.
Les comédiens sont très bons et vraiment convaincants. Pierre Clémenti est impressionnant en jeune homme dévoré par la faim. Il est parfaitement compréhensible dans son rôle quasi-muet à l’unique réplique marquante et au regard intense. Jean-Pierre Léaud est superbe en riche jeune homme aimant les saillies d’esprit. Anne Wiazemsky est très bonne en jeune fille qui l’aime. Alberto Lionello est formidable dans le rôle du père de celui-ci au passé trouble. Et Ugo Tognazzi est fort bon en riche homme d’affaires.
Avec cette belle démonstration, où la violence la plus forte est parfois invisible et inaudible, Pier Paolo Pasolini fait une proposition cinématographique très forte qui s’achève sur une scène finale somptueuse venant enfoncer le clou du cynisme sur lequel cette double histoire s’appuie.
Porcherie est un très bon film qui n’a pas pris une ride et reste redoutablement corrosif et méchant. Son histoire ne faisant aucune concession, associée à une réalisation superbe et à une impeccable direction d’acteurs, permet d’obtenir un long métrage marquant que l’on ne peut pas oublier de si tôt.
Féroce et acerbe.
SYNOPSIS
Deux histoires parallèles, au Moyen Âge et dans l’Allemagne d’après-guerre. Dans la première, un jeune homme affamé au milieu d’une lande volcanique désolée. Il survit, en lutte perpétuelle avec les êtres qu’il croise, mangeant tout ce qu’il trouve : un papillon, un serpent, et plus encore... Dans la seconde, une famille allemande bourgeoise, dont le père est un nazi, et le fils aimé d’une jeune fille qu’il n’aime pas. Sa passion à lui, est secrète et monstrueuse : il aime les porcs...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
Photographie : Tonino Delli Colli, Armando Nannuzzi, Giuseppe Ruzzolini
Montage : Nino Baragli
Musique : Benedetto Ghiglia
Costumes : Danilo Donati
Producteur : Gian Vittorio Baldi pour FIlm dell’Orso, IDI Cinematografica, CAPAC
Distributeur : Malavida Films, Malavida Films
LIENS
GALERIE PHOTOS
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