Pleasure : La critique

Date : 19 / 10 / 2021 à 12h15
Sources :

Unification


Pleasure est un excellent film se penchant sur le milieu de la pornographie américain.

La scénariste, et réalisatrice, Ninja Thyberg s’est immergée pendant de nombreuses années dans ce milieu particulier. Elle a ainsi décidé de développer son court métrage Pleasure sorti en 2013.

Le scénario porte sur une jeune suédoise arrivant à Los Angeles. Celle-ci a décidé de devenir une grande star du milieu du X et va tout faire pour atteindre son objectif.

La caméra va la suivre de près et montrer ce qu’elle subit et dévoiler ainsi un milieu qui est loin d’être celui que l’on peut imaginer.

La mise en scène de Ninja Thyberg est extrêmement brillante. La réalisatrice réussit à montrer l’horreur de certaines situations et les moments terribles que vit son personnage principal sans jamais nous montrer frontalement ce qu’elle subit. Elle réussit aussi le tour de force de parler de la pornographie et de montrer les tournages, mais ne fait jamais tomber son œuvre dans la pornographie.

De plus, elle ne montre quasiment pas de corps féminins nus, et jamais en intégralité frontale, ce qui n’est pas du tout le cas des hommes qui apparaissent dans le long métrage.

D’ailleurs, on sent bien que l’équipe technique principale est composée par des femmes avec une directrice de la photographie, Sophie Winqvist, une responsable des décors Paula Loos, une responsable des costumes Amanda Wing Yee Lee et les monteuses Olivia Neergaard-Holm et Amalie Westerlin Tjellesen en plus de la réalisatrice et scénariste Ninja Thyberg. Le « male gaze » ne s’invite jamais dans l’œuvre. Ainsi, ceux pensant que le film pourrait les émoustiller en seront à leurs frais. Car le propos est bien la condition de la femme et l’appréhension d’un milieu parfois d’une grande violence pour celle-ci.

Cette grande délicatesse, cette manipulation des angles et de l’œil de la caméra, grâce à la superbe photographie de Sophie Winqvist, permet d’évoquer un sujet parfois sulfureux, tout en évitant le voyeurisme.

Néanmoins, la violence est omniprésente. Qu’il s’agisse de parole, de la manière dont sont traitées les femmes, de ce qu’elles sont obligées de faire, l’envers du décor du milieu du X est parfaitement décrit et montre la façon dont la femme peut parfois être rabaissée à un simple objet et n’a pas forcément son mot à dire sur ce qu’on lui demande de faire.

L’interprétation est excellente. Sofia Kappel crève littéralement l’écran en jeune femme ambitieuse. Il est d’ailleurs plaisant que le long métrage ne soit jamais moralisateur. Il ne s’attarde donc pas sur ce que l’on peut penser de l’industrie de la pornographie, mais montre qu’elle est puissante, a ses stars et ses agents, et ses soirées aussi sélectes que celles d’autres milieux.

Dana DeArmond est formidable en star de la pornographie. La comédienne a un magnétisme impressionnant et les scènes qu’elle a en commun avec l’actrice principale sont fascinantes. Revika Reustle, Evelyn Claire et Chris Cock sont très bonnes en colocataires de celle-ci. Cela permet d’ailleurs d’aborder le sujet des maisons d’artistes ou les actrices de X peuvent partager un appartement. On peut aussi découvrir la rivalité entre elles pour certains rôles et la façon dont le système fonctionne pour éviter qu’une véritable sororité puisse s’installer entre les actrices.

La musique de Karl Frid accompagne bien les images qui sont montrées et renforce certains passages particulièrement anxiogènes, voire éprouvants, qui restent longtemps en mémoire.

Pleasure est un excellent film ne tombe jamais dans le voyeurisme et permet de montrer d’une façon pertinente et véridique l’envers du décor d’un milieu où les femmes sont souvent maltraitées. Avec un récit impeccablement écrit, une réalisation époustouflante et des comédiennes impressionnantes, cette plongée au cœur d’un enfer moderne est passionnante à suivre.

Édifiant et captivant.

SYNOPSIS

Plusieurs scènes de violences et d’agression sexuelles sont susceptibles de troubler gravement le public.

Une jeune suédoise de 20 ans arrive à Los Angeles dans le but de faire carrière dans l’industrie du porno. Sa détermination et son ambition la propulsent au sommet d’un monde où le plaisir cède vite la place au risque et à la toxicité.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 1 h 49
- Titre original : Pleasure
- Date de sortie : 20/10/2021
- Réalisateur : Ninja Thyberg
- Scénariste : Ninja Thyberg
- Interprètes : Sofia Kappel, Revika Reustle, Evelyn Claire, Chris Cock, Dana DeArmond, Kendra Spade, Jason Toler, Mark Spiegler
- Photographie : Sophie Winqvist
- Montage : Olivia Neergaard-Holm, Amalie Westerlin Tjellesen
- Musique : Karl Frid
- Costumes : Amanda Wing Yee Lee
- Décors : Paula Loos
- Producteur : Erik Hemmendorff, Markus Waltå, Eliza Jones pour Plattform Produktion
- Distributeur : The Jokers

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Pleasure



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