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Arrêtez-moi là : Rencontre avec Reda Kateb, Léa Drucker et Gilles Bannier

Date : 06 / 01 / 2016 à 07h50
Sources :

Unification


A l’occasion de la projection du film Arrêtez-moi là, les acteurs Reda Kateb, Léa Drucker et le réalisateur Gilles Bannier sont venus répondre aux questions du public.

La rencontre avec les deux acteurs et le réalisateur était fort intéressante.

Arrêtez-moi là est un très bon film sur la descente aux enfers d’un homme innocent qui voit sa vie partir en lambeaux. Une histoire forte magnifiquement traitée avec des grands acteurs, un Reda Kateb en tête d’affiche magistral. Vous pouvez retrouver la critique du film ICI.

Vous pouvez trouver ci-dessous un résumé des échanges qui ont eu lieu ainsi que l’intégralité de la rencontre filmée.

GILLES BANNIER

  • L’histoire du film

Le réalisateur veut montrer l’histoire de cet homme taiseux, « sans son » qui se trouve pris dans la machine judiciaire.
Il a voulu adapter le roman qui se passe aux Etats-Unis, inspiré d’une histoire vraie, et a situé les lieux dans les Alpes Maritimes.
Il aime aussi beaucoup le titre qui est la traduction littérale du titre original de l’œuvre littéraire.
Il a vraiment voulu faire cette fin, sans que personne ne le lui ait demandé, qui laisse à chacun l’interprétation du futur des personnages qu’il veut.
Il a de plus offert le livre aux deux acteurs qui l’ont lu.

  • La prison

Il a eu le droit de tourner dans une vraie prison car il voulait que l’acteur principal puisse ressentir le lieu. C’était très important à ses yeux que ce soit le cas. Il y a peu d’autorisation de tourner en prison, le ministère de la justice et la police épluchent le scénario avant de donner cette autorisation.
Il ne voulait aussi que montrer les couloirs de la vraie prison mais sans montrer la vie en cellule. Le parloir à quant à lui été reconstitué.
Ces passages permettent de voir de vrais détenus et surveillants.
Il aime aussi l’idée de montrer une prison moderne presque comme une cathédrale à la fois froide et sortant des clichés des vieilles prisons.

  • L’avocat de la défense

En ce qui concerne Monsieur Portal, l’avocat commis d’office qui n’a aucune expérience des assises, il se retrouve embarqué dans une affaire dont l’accusé se sait innocent et ne voit pas pourquoi on veut le défendre. Comment peut-il résister à la pression d’une petite ville de province avec cette pression énorme des élus locaux, des journalistes, de la population ? Son humanité va dans tous les sens. Gilles Bannier aime le personnage. L’histoire a déjà été traitée mais il a voulu la montrer différemment en présentant notamment un avocat de la défense pas brillant contrairement à ce dont on a l’habitude.

  • La petite amie

Le silence, ainsi que les regards sont très importants pour les deux acteurs. Les couples sont soumis à de grandes pressions quand il y a des faits pareils. La présomption d’innocence est un leurre quand quelqu’un se trouve en garde à vue, et cela marche aussi pour le couple.
Quand il y a perquisition, toutes les affaires sont mises sous scellées. Comme simple compagne, elle n’a pas de droits, aussi elle ne peut plus entrer chez lui donc elle ne peut s’occuper de son chat et peut-être est-elle un peu jalouse de la relation très forte entre son copain et le chat.

  • Police et justice

Il ne pense pas avoir grossi le trait sur les procédures judiciaire et policière. C’est d’ailleurs le réalisateur de la saison 2 la série Engrenage qui parle de ces milieux et pour laquelle il a fait beaucoup de recherches pour être réaliste. Les flics doivent aussi résister à la pression. Et pour les policiers qui n’ont rien à leur tableau d’honneur en ce qui concerne le volet criminel, ils se jettent sur ce parfait coupable et c’est compréhensible. C’est une affaire de point de vue, de la police, du juge d’instruction, du prévenu, de l’avocat. C’est la police qui donne le là, le ton.

  • La réalisation

Sa principale source d’inspiration est le documentaire et il est très sensible à une recréation de réalité. Il travail sur la confiance et la liberté des acteurs. C’est son cinéma.
Il a aussi envie de tourner d’autres longs métrages. Très cinéphile depuis l’enfance, il a découvert le passage de la télévision au cinéma et a envie de poursuivre dans le domaine cinématographique mais ce n’est pas la même façon de raconter une histoire que la télévision. Passer de l’un à l’autre lui paraît être l’idéal.

REDA KATEB

  • Son rôle

L’acteur principal a aimé faire ce film avec ce personnage qui a du mal à s’exprimer
Il trouve, tout comme Léa, qu’il faut se laisser traverser par les émotions. Il y a un autre espace. Il essaye de s’intéresser au rapport gens-justice, voire à un niveau documentaire de l’histoire. Il se laisse porter sur le plateau.
Il a fait une lecture du scénario d’une traite et s’est senti dans toutes les scènes. Du coup, il a eu envie de jouer le rôle. Il pensait pouvoir apporter une poésie qu’il ressentait et surtout il a beaucoup apprécié le traitement de l’après-prison de son personnage.

Il a très envie de défendre ce personnage. Le tournage a été très serré. Il a aimé traverser le parcours de Sanson car le film ne s’arrête pas à la prison et la partie reconstruction de cet homme est très intéressante à interpréter. Jouer quelqu’un à qui on a tout enlevé et qui à 35 ans va devoir repartir de zéro est un beau challenge. Il fait un métier bizarre ou on se retrouve dans un rôle fou mais quand la prise est bonne alors tout paraît formidable.
Il a rencontré après coup une personne qui avait été en prison pour un crime qu’il n’avait pas commis après d’autres peines qu’il avait effectuées en prison pour ses vrais crimes.
L’individu lui a expliqué qu’innocent, il n’avait pas de stratégie et ne savait pas quoi dire au contraire de ce qu’il élaborait quand il était coupable.

  • La prison

En prison, il s’est rendu compte que les prisonniers aimaient beaucoup le cinéma qui est une lucarne vers l’extérieur. Un prisonnier lui a dit bon courage pour sa journée de tournage ce qui était étrange à entendre pour lui.
Il n’est pas habitué à des rôles exubérants mais à senti qu’il pouvait s’approprier le film. Sans compter que les autres acteurs l’entouraient comme un esprit de troupe. Le cinéma se fait en équipe. C’est tout sauf être seul.

  • La petite amie

Les scènes qu’il joue avec sa petite amie étaient très brèves mais elle rendait son rôle crédible. Elle apparaît peu. Leur relation aurait pu s’épanouir mais lui est attaché à son cocon et n’a pas envie d’en sortir pour vivre avec elle. La pression fait que dans les erreurs judiciaires, tout le monde fout le camp. Mais le regard des autres est tellement important que c’est crédible que même un couple soudé puisse se séparer. C’est humain de vouloir revenir après coup. C’est un peu l’histoire d’un rendez-vous manqué.

  • Le chat

Il a adoré tourner avec le chat Pilou qui était très bon dès la première prise. Mais c’est toujours une part d’imprévu de tourner avec un animal malgré le dressage. Par exemple dans la scène du nettoyage du taxi, le chat ne voulait pas revenir, donc c’est un assistant qui le lui a renvoyé.

LÉA DRUCKER

  • Son rôle

Elle a trouvé que les séquences dans la voiture étaient tournées dans la bonne humeur voire dans une ambiance rigolote. Les scènes au tribunal étaient plus concentrées, moins drôles.
Elle s’est nourrie du scénario et a été touchée par le personnage de la mère. Dans la fabrication du film, elle a eu envie de travailler avec Gilles et Reda. Les acteurs peuvent être très inspirants et l’emmener dans une direction intéressante avec une rigueur et une attention particulière.
Elle trouve que le regard du réalisateur sur ce personnage secondaire est très intéressant et en fait on ne sait pas comment on réagit dans une telle situation. Il faut se laisser traverser en sachant que les réactions ne sont pas toujours très spectaculaires. Elle est imprégnée de plein de rôles et de films qui peuvent l’inspirer à un moment. Elle a aussi beaucoup aimé l’auteur américain du livre qu’elle trouve remarquable, même si curieusement ses livres sont plus appréciés en France qu’aux États-Unis. Du coup elle a lu plus de ses œuvres.
Elle avait envie de devenir l’un des personnages. C’était plutôt sensitif.

LA RENCONTRE FILMÉE


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Arrête-moi là : La rencontre



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