Golgotha : La critique du tome 2

Date : 01 / 03 / 2026 à 08h00
Sources :

Unification


GOLGOTHA
TOME 2 CYRIACUS

- Date de sortie : 29 janvier 2026
- Éditeur : Éditions Soleil
- Scénario : Didier Alcante et Laurent-Frédéric Bollee
- Dessin : Enrique Breccia
- ISBN : 978-2302091856
- Nombre de Pages : 70
- Prix : 15,95 euros

DESCRIPTION

Le destin d’un gladiateur déchu de Pompéi, devenu manchot et sous la coupe d’une riche et cruelle famille de la ville, son parcours le mènera de Rome jusqu’en Haute-Égypte à la recherche d’un certain Al-Azar, un homme immortel...

En fuite de Pompéi, Lucius se fait désormais appeler Marcus et devient ouvrier sur le chantier du Colisée. Il y fait la connaissance d’un jeune sculpteur, Cyriacus, qui lui fabrique un bras articiel et n’est autre que son fils ! Hélas, ce dernier veut retrouver ses parents adoptifs... S’ensuit un terrible affrontement dans le monument en construction et un marché imposé à Marcus : tuer Al-Azar dans sa forteresse de Golgotha !

LA CRITIQUE

Lucius répond désormais au nom de Marcus. Quinze ans plus tard, l’ancien gladiateur déchu de Pompéi n’est plus qu’un simple ouvrier manchot travaillant sur le chantier de l’amphithéâtre Flavien à Rome. Le destin mettra sur sa route un jeune sculpteur muet nommé Cyriacus, et cette rencontre changera à jamais le cours de son existence.

Ce second tome reprend là où le premier nous avait laissés : dans une atmosphère lourde, mystique, presque suffocante. Les personnages poursuivent leur chemin vers une vérité qui dépasse l’entendement, entre quête spirituelle, manipulation et révélations métaphysiques. L’intrigue resserre les fils narratifs, dévoile les intentions cachées et pousse les protagonistes dans leurs retranchements moraux. On est clairement dans une montée en tension, avec un parfum d’apocalypse intime plutôt que spectaculaire.

Il faut parler du point sensible, le délai entre les deux tomes. Cinq ans après L’arène des maudits, sort Cyriacus, second tome de la BD Golgotha. Cinq ans, c’est un peu long. Pour les fans du Gladiateur déchu, c’est sans aucun doute, oui. L’attente a été longue mais l’attente est-elle récompensée ? Trop longue pour un diptyque qui reposait beaucoup sur l’élan initial et la promesse d’une révélation. Ce genre d’univers, dense et symbolique, nécessite une immersion continue. Quand la coupure est trop importante, une partie de la tension s’évapore. Le lecteur revient avec des souvenirs flous, et l’impact émotionnel en pâtit.

Cela dit, le scénario du tome 2 assume pleinement son ambition. Il ne simplifie rien, ne cherche pas à rendre l’ensemble plus “accessible”. Au contraire, il pousse plus loin la dimension mystique et introspective. C’est audacieux, parfois déroutant, mais cohérent avec l’ADN du projet, pour terminer dans un apothéose aux relents de fantastique frôlant le divin.

Et puis il y a cette conclusion écrite et non dessinée. C’est là que le débat s’ouvre. Sur le fond, le texte apporte des éléments clairs, presque didactiques. Il boucle les arcs narratifs et offre une forme de fermeture intellectuelle. Mais sur la forme, cela pourrait être frustrant. Une bande dessinée est un médium visuel. Terminer par un texte explicatif donne l’impression que l’image s’est retirée au moment décisif. Comme si l’auteur avait choisi de raconter plutôt que de montrer. Certains y verront un parti pris littéraire assumé. D’autres auront le sentiment d’une fin précipitée ou d’un compromis éditorial.

Graphiquement, le travail reste solide. L’ambiance est maîtrisée, les compositions servent le propos et la tonalité sombre est cohérente du début à la fin. Les visages portent le poids des révélations, les décors participent à cette impression d’errance spirituelle.

Ce n’est pas une BD démonstrative ou spectaculaire. C’est une BD d’atmosphère. Et sur ce point, elle tient sa ligne. Le contraste est d’ailleurs d’autant plus fort quand l’image disparaît au profit du texte final : on mesure alors à quel point le dessin portait l’expérience. Enrique Breccia, le dessinateur argentin, a aussi oeuvré sur la BD Les sentinelles et cela se ressent fortement dans l’ambiance et le dessin anguleux.

ET FINALEMENT ?

Et finalement, Ce tome 2 conclut l’histoire avec cohérence, mais pas sans débat. L’attente entre les deux volumes a émoussé une partie de l’élan initial, et la conclusion écrite, bien que claire, prive le lecteur d’un dernier choc visuel qui aurait pu rendre l’ensemble encore plus puissante la conclusion de ce péplum fantastique. Golgotha reste une œuvre ambitieuse, mystique, exigeante. Elle ne cherche pas à plaire à tout le monde. Mais elle pose une vraie question sur la manière de conclure un récit graphique : quand on choisit l’image comme langage principal, peut-on se permettre de finir par des mots ? Ou est-ce l’aveu d’un troisième tome qui ne verra jamais le jour ?


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