Freddie l’arrangeur : La critique

FREDDIE L’ARRANGEUR
Date de sortie : 12 février 2026
Éditeur : Éditions Delcourt
Scénario : Garth Ennis
Dessin : Mike Perkins
ISBN : 978-2413093312
Nombre de Pages : 42
Prix : 10,50 euros
DESCRIPTION
Ce conte horrifique bien déjanté sort de l’esprit tordu de GARTH ENNIS (The Boys) et est magnifiquement dessiné par MIKE PERKINS (Bat-Man : First Knight, Swamp Thing, La Malédiction de Rowans, etc.). "It’s Crazy Good !", dixit Stephen King !
Hollywood : les loups-garous, vampires, zombies, extraterrestres, croque-mitaines et toutes sortes de monstres sortent une fois la nuit tombée. Ils ont tous leurs petites manies - comme celles consistant à trucider les gens - et quand ils se retrouvent dans la panade, ils appellent Freddie... pour qu’il leur vienne en aide.

LA CRITIQUE
À Hollywood, les monstres existent vraiment. Vampires capricieux, loups-garous incontrôlables, zombies incontrôlablement salissants. Quand leurs débordements menacent d’exploser au grand jour, ils appellent Freddie, le type chargé de nettoyer la catastrophe avant le lever du soleil. Ni héros ni chasseur, Freddie est un “fixer” un arrangeur, il efface les corps, rachète les témoins, arrange l’inarrangeable… et protège l’illusion d’Hollywood, coûte que coûte.
On est en terrain connu chez Ennis : une idée volontairement simple, presque gag de départ et derrière, une satire très sale. Le concept fonctionne immédiatement parce qu’il détourne le fantastique : ici, les monstres ne font pas peur, ils sont des stars ingérables. Le véritable sujet devient alors l’industrie du divertissement et ce qu’elle est prête à cacher pour continuer à vendre du rêve. Freddie n’est pas un personnage spectaculaire, c’est un employé. Et c’est précisément ça qui rend l’album grinçant. Il ne combat pas le mal, il l’administre.
Le récit avance par sketches macabres reliés par l’idée centrale qu’Hollywood ne fabrique pas des illusions, Hollywood organise le mensonge. Plus l’histoire progresse, plus le fantastique sert de métaphore sociale, la violence est acceptée tant qu’elle reste hors-champ. En revanche, le format court donne un goût d’inachevé. On sent un univers très riche mais condensé, presque comme un pilote de série, l’album expose surtout le concept plutôt qu’il ne raconte une vraie trajectoire dramatique.
Perkins joue la carte du réalisme sombre, presque naturaliste. C’est un choix malin, plus le dessin est crédible, plus l’absurde devient dérangeant. Les monstres ne sont jamais spectaculaires au sens comics classique. Ils paraissent fatigués, grotesques, parfois pathétiques, exactement comme des acteurs après la fête. Le contraste fonctionne très bien, le décor hollywoodien lumineux devient un espace glauque. La narration visuelle reste fluide, très lisible, avec un découpage efficace, rien d’expérimental, mais une mise en scène solide qui laisse la place aux dialogues acides.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Freddie l’arrangeur est moins un récit d’horreur qu’une comédie noire sur l’industrie du spectacle. Un album conceptuel, méchant et amusant, mais qui ressemble davantage à un prologue qu’à une histoire complète. Il plaira surtout aux lecteurs qui aiment l’Ennis satirique plutôt que l’Ennis épique. Une bonne lecture, à condition d’accepter que le vrai plaisir soit l’idée… plus que l’intrigue. Et puis, c’est très très court (42 pages) mais la bonne nouvelle c’est que la BD ne coûte que 10€50.

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