Scream : La critique du film de 1996

SCREAM
Titre original : Scream
Durée du film : 1 h 51
Réalisateur : Wes Craven
Scénariste : Kevin Williamson
Interprètes : Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Skeet Ulrich, Matthew Lillard, Rose McGowan, Drew Barrymore, Liev Schreiber, Jamie Kennedy, Henry Winkler
LA CRITIQUE
Une jeune femme seule chez elle. Un téléphone qui sonne. Et une voix qui dit "Allô". Ce sont les premières minutes marquantes de Scream, une œuvre qui a transformé durablement l’horreur, notamment le sous-genre du slasher, aux États-Unis et dans le monde. Et qui a lancé une saga qui, 30 ans plus tard, s’apprête à sortir son septième opus.
Le scénario du scénariste Kevin Williamson tourne autour d’une jeune fille qui se retrouve, avec ses amis, dans la ligne de mire d’un serial killer portant un masque de Ghostface. Une apparence singulière qui n’est pas sans rappeler celle des tueurs des sagas Halloween et Vendredi 13. Toutefois, l’œuvre réussie à s’en affranchir et à proposer un récit, parfois fun, dynamique et inventif.
La scène d’ouverture du film de Wes Craven est incroyable et elle a d’ailleurs été copié, voir détournée dans la saga de film Scary movie. D’autant qu’elle mettait en scène l’une des stars de l’époque, qui est d’ailleurs celle qui pose pour l’affiche du film, en la personne de Drew Barrymore. Ce qui avait choqué à cause de la destinée précoce et fatale qu’elle rencontre très vite, alors que les spectateurs s’attendaient à ce qu’elle tienne le rôle principal du récit.
Le long métrage monte crescendo et s’amuse avec les fausses pistes, les idées préconçues et les clichés. Pour mieux les détourner, bien évidemment. D’ailleurs, la liste des choses à faire pour rester vivant dans une œuvre d’horreur continue d’être employé dans la suite de la saga.
Cette dernière a aussi une autre spécificité qui la fait ressortir plus par rapport aux autres licences horrifiques célèbres. En effet, elle bénéficie de trois personnages récurrents qui apparaissent dans la quasi-totalité des suites.
On découvre ainsi Sidney Prescott, formidablement incarnée par Neve Campbell. Cette jeune femme se retrouve en plein cœur d’événements dramatiques et va, par la suite, continuer d’être prise pour cible par différents tueurs portant le même costume de Ghostface. Ce qui sera aussi le cas dans le septième opus où c’est sa propre famille qui est en danger.
Gale Weathers, magnifiquement jouée par Courteney Cox, est une journaliste aux dents longues qui a bien l’intention de réussir le scoop de l’année. Celle-ci se retrouve aussi au cœur des événements et elle n’est pas épargnée par sa rencontre avec le tueur. Les deux personnages vont se croiser au cours des opus suivants, qui peuvent se délocaliser dans d’autres lieux, certains étant la grande ville où la journaliste a continué sa carrière florissante. Ne s’appréciant pas vraiment dans ce premier volet, l’altérité et le danger vont finalement les rapprocher au fil des années.
Le dernier personnage emblématique est Dewey Riley, impeccablement interprété par David Arquette. Shérif adjoint qui va ensuite prendre du galon, celui-ci se retrouve souvent en première ligne et n’est pas épargné par les tueurs. Sa nature généreuse et ses maladresses adorables en font un individu très apprécié par les spectateurs.
Dans le premier volet, on retrouve Drew Barrymore qui est extrêmement marquante dans son petit rôle. Skeet Ulrich est parfois inquiétant en petit-ami du personnage principal. Rose McGowan est fort sympathique en meilleure amie de cette dernière. Matthew Lillard est impeccable en jeune homme exubérant. Et Jamie Kennedy est bien sympathique en copain, grand amateur de films d’horreur. Le proviseur est, quant à lui, incarné par Henry Winkler qui a fait les beaux jours de la télévision américaine dans les années 70 et 80 avec son rôle iconique de Fonzie dans Happy Days.
La mise en scène propose un certain nombre de morts très travaillés et efficaces. Les idées de la réalisation fonctionnent toujours parfaitement et le long métrage n’a pas pris une ride, malgré ses trois décennies.
Par la suite, on retrouvera dans certains volets une bande de jeunes gens qui va se faire décimer de façon plus ou moins atroce par un tueur portant la tenue emblématique des Scream. Alors que ce sont souvent des personnages féminins forts qui s’en sortent le mieux. Ces femmes évitent le double critère de la jeune femme peu débrouillarde qui passe son temps à crier et de la demoiselle à protéger, n’étant pas capable de se sauver elle-même, que l’on retrouve régulièrement dans les films d’horreur.
Aujourd’hui, il n’est peut-être pas évident de se rendre compte de l’impact qu’a eu une telle œuvre dans le milieu du thriller et de l’horreur. Mais celui-ci a été bien réel et perdure jusqu’à aujourd’hui.
Le réalisateur Wes Craven, qui en signe les cinq premiers opus avant de décéder, s’est aussi amusé à introduire un autre personnage horrifique emblématique qu’il a créé en la personne de Freddy Krueger apparaissant dans Les Griffes de la nuit. Un petit clin d’œil très amusant qui apporte un gag sympathique qui fait toujours mouche.
La musique de Marco Beltrami apporte aussi un supplément d’âme à un récit n’épargnant pas des personnages qui ont fort à faire pour éviter une mort affreuse.
Scream est un excellent film, qui est toujours aussi efficace aujourd’hui qu’à l’heure de sa sortie et qui permet de (re)découvrir avec plaisir des personnages auxquels on s’est beaucoup attaché au fil du temps. L’œuvre est disponible en support physique et peut être regardée sur Paramount+. Mais avoir la chance de la visionner sur grand écran est un véritable plus. D’autant que sa narration très efficace portée par une très belle mise en scène, des acteurs investis et des morts sanglantes fonctionne très bien, même quand on sait déjà ce qui va arriver.
Superbe et marquant.

SYNOPSIS
Casey Becker, une belle adolescente, est seule dans la maison familiale. Elle s’apprête à regarder un film d’horreur, mais le téléphone sonne. Au bout du fil, un serial killer la malmène, et la force à jouer à un jeu terrible : si elle répond mal à ses questions portant sur les films d’horreur, celui-ci tuera son copain...
Sidney Prescott sait qu’elle est l’une des victimes potentielles du tueur de Woodsboro. Celle-ci ne sait plus à qui faire confiance. Entre Billy, son petit ami, sa meilleure amie Tatum et son frère Dewey, ses copains de classe Stuart et Randy, la journaliste arriviste Gale Weathers et son caméraman Kenny qui traînent tout le temps dans les parages et son père toujours absent, qui se cache derrière le masque du tueur ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
Photographie : Mark Irwin
Montage : Patrick Lussier
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Cynthia Bergstrom
Décors : Bruce Alan Miller
Producteurs : Cathy Konrad, Cary Woods pour Woods Entertainment, Dimension Films
Distributeur : Les Films Number One
LIENS
GALERIE PHOTOS


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