La bête du nord : La critique

Date : 26 / 02 / 2026 à 08h00
Sources :

Unification


LA BÊTE DU NORD
LA CITÉ DES MENSONGES

- Date de sortie : 29 janvier 2026
- Éditeur : Éditions Delcourt
- Scénario : Oscar Martin
- Dessin : Leonel Alexis Castellani
- ISBN : 978-2413088325
- Nombre de Pages : 72
- Prix : 16,50 euros

DESCRIPTION

Dans cette aventure inédite, le Cimmérien qui n’est pas encore roi accepte une mission simple : délivrer la fille d’un chef de clan enlevée par un rival. Mais dans les ruelles fétides de Hud-hund Engaun, les apparences sont trompeuses...

Epuisé par ses aventures, un puissant barbare arrive dans une ville frontalière en proie aux brigands de la pire espèce. Engagé pour sauver la fille d’un chef de gang au milieu d’une guerre de territoires, le guerrier solitaire pense accepter un contrat facile. Il se jette dans une conspiration mortelle. Plongé malgré lui dans ce nid de vipères, la "Bête du Nord" va devoir rappeler à ces criminels ce qu’est la véritable sauvagerie.

LA CRITIQUE

Conan n’est pas encore roi. Fatigué par ses errances, le Cimmérien accepte un travail simple et bien rémunéré, retrouver la fille d’un chef de clan enlevée par un rival. Mais dans la cité frontalière de Hud-hund Engaun, gangrenée par les brigands et les jeux de pouvoir, rien n’est ce qu’il paraît. Très vite, la mission tourne à la conspiration sanglante et le barbare comprend qu’il a mis les pieds dans un véritable nid de vipères. Pour survivre, et sortir la vérité de la boue, la “Bête du Nord” va devoir redevenir ce qu’il est vraiment.

Comme son titre ne l’indique pas, Conan (le barbare) est le héros de la présente BD, La bête du nord qui est indiquée comme étant "d’après l’univers de Robert E. Howard." Oscar Martin, le scénariste, est un "die hard fan" de Conan, cela se ressent dans cette histoire qu’il a écrite, et il le dit lui-même dans son prologue/introduction fort intéressant. Le Cimmérien est donc le héros de son histoire, sorte d’hommage au personnage qui l’a suivi, tel un ami, depuis son enfance. Les oeuvres de Robert E. Howard étant tombé dans le domaine public en France depuis 2007, l’oeuvre est légitime mais ne fait pas partie du "canon" Conan. Mais l’idée de donner vie à son héros d’enfance est louable et le résultat à la hauteur de l’oeuvre d’Howard.

Ce qui frappe immédiatement, c’est que l’album ne cherche pas à réinventer Conan, il cherche à le comprendre. Martín évite le piège fréquent des adaptations modernes, transformer le personnage pour le rendre acceptable aujourd’hui. Au contraire, il assume totalement sa nature pulp, mais lui redonne une intelligence souvent oubliée.

Ici, Conan n’est pas seulement une machine à tuer. C’est un pragmatique. Un observateur. Mais le Cimmérien est aussi un voleur, amateur de trésor et pièces d’or. Un survivant qui lit les rapports de force mieux que les nobles et les criminels qui pensent le manipuler. L’histoire fonctionne alors comme un polar urbain sale, presque une intrigue de cité mafieuse transposée en Hyborie. Le contrat initial devient secondaire. Ce qui compte, c’est la manière dont Conan navigue entre mensonges, trahisons et faux semblants.

Le récit est volontairement simple, mais jamais simpliste. C’est du Howard pur esprit : une ligne droite dramatique, mais remplie de tension parce que chaque rencontre peut dégénérer en violence. L’album avance sans temps mort, avec cette sensation permanente que le héros ne subit pas l’histoire — il la décante. On retrouve surtout une idée fondamentale du personnage, le barbare n’est pas sauvage, il est lucide dans un monde corrompu.

Castellani ne cherche pas à imiter Buscema ou Windsor-Smith, et c’est la meilleure décision possible. Son Conan est massif, animal, mais jamais caricatural. La violence décrite est lourde, physique, douloureuse. On sent le poids des corps et des coups.

Là où l’album impressionne vraiment, c’est dans l’ambiance. Les lieux où le héros évolue sont presque des personnages à part entière, à l’instar de la ville qui est étroite, sale, oppressante. Chaque ruelle respire la trahison. Les décors participent au récit au lieu de servir de simple toile de fond, renforçant une atmosphère étouffante qui accompagne la paranoïa du scénario.

Les combats, eux, sont dynamiques sans tomber dans la surenchère chorégraphique moderne. Ce n’est pas spectaculaire, c’est juste brutal. Les couleurs, souvent sombres, servent constamment la tension narrative. On est dans un mélange très réussi : la lisibilité franco-belge avec la nervosité du comic, le tout baigné dans une nostalgie pulp assumée.

ET FINALEMENT ?

Et finalement, La Bête du Nord réussit quelque chose de rare, faire un Conan fidèle sans être passéiste, moderne sans le trahir. C’est un album qui comprend que la force du personnage n’est pas son épée, mais sa vision du monde. Le barbare n’est pas un héros primaire, il est le seul à voir clair dans une société décadente. Pas une relecture, pas un hommage nostalgique, une bonne histoire de Conan, efficace tout simplement, et c’est précisément ce qui la rend supérieure à beaucoup d’adaptations récentes. Un one-shot efficace, dense, et probablement ce que beaucoup attendaient depuis longtemps : du Howard en BD… mais vraiment. Et espérons que le sous titre La Cité des mensonges soit l’augure du titre du premier volume d’une nouvelle série parce que c’est une franche réussite.


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