Le Signal 149 kHz : La critique de la série adaptée de Maxime Chattam

LE SIGNAL 149 KHZ
Date de diffusion : 29/01/2026
Diffusion : Novo19
Épisode : 1.01 à 1.06
Créée par : François Uzan d’après Maxime Chattam
Interprètes : Clotilde Hesme, Grégory Montel, Annabelle Lengronne, Sarah Pachoud
En emménageant sur la petite île bretonne de Kernolé, la famille Dormeuil espère prendre un nouveau départ. Olivia, journaliste à succès, est enceinte de son deuxième enfant. Elle a mis sa carrière sur pause pour mener à bien cette grossesse et son mari Paul a trouvé un poste de médecin sur l’île. En revanche, leur fille Camille traîne les pieds. En froid avec sa mère à qui elle reproche d’avoir toujours privilégié sa carrière, l’ado inventive et passionnée de science ne trouve qu’un intérêt à ce déménagement : les puissantes perturbations électromagnétiques présentes sur l’île lui permettront peut-être de prouver sa grande théorie. Camille pense en effet qu’il y a un lien entre les ondes et l’au-delà.
LA CRITIQUE
La série débute très vite avec une scène pré-générique dans le passé qui aura, sans nul doute, son explication primordiale plus tard. Dans le présent, l’action commence aussi sur les chapeaux de roue. Maison vétuste et inquiétante, un chien qui aboie sur une présence invisible, une scène de bain, une pièce secrète, un vieux carnet de notes, un sombre secret local, une vieille légende, une île isolée, une pluie toute bretonne, des chemins de contrebandiers, une lieutenant de police fraichement arrivée et pas pour les bonnes raisons... tout y est.
Ne reprochons pas ce que 99% des autres séries du genre utilisent aussi et penchons nous sur les choses les plus remarquables, et / ou singulières.
Si le secret qui sous-tend la présence de la famille nouvellement arrivée subit un traitement habituel, qui nous est livré petit à petit, l’enquête du groupe d’enfants (Camille, la fille du couple, et ses nouveaux amis du coin) est plus intéressante, lorgnant un peu du côté de Stephen King (Ça et Les Enfants du maïs). Et ce n’est pas étonnant, car Maxime Chattam, l’auteur du roman qui a inspiré la série (et qui apparaît ici en ingénieur du son) est considéré comme son homologue français.
Puisque nous en sommes à évoquer les inspirations, l’ambiance n’est pas sans rappeler parfois celle des autres séries qui se passent en Bretagne, L’île aux trente cercueils, Anaon ou Brocéliande, unité de lieu et décors obligent. On peut aussi penser aux films les Rivières pourpres, pour son enchaînement de choses marquantes ou totalement tirées par les cheveux, effet dont souffre aussi cette série.
Il se pourrait aussi que le look de Camille, se rapprochant de celui d’Egon Spengler dans SOS Fantômes ne soit pas un hasard.
Le rythme aussi est assez accéléré pour une série qui repose sur l’ambiance, et beaucoup de choses se passent, très vite. Ainsi, il y a par exemple 3 morts violentes (et mystérieuses) dans 3 scènes différentes dès le premier épisode. La réalisation est souvent assez bonne, avec de beaux plans du ciel, ou au ras du sol par exemple, même si la série utilise trop les musiques insistantes et les vues sur le jardin par la fenêtre, grand poncif du genre. Les extérieurs avec les enfants sont une bouffée d’air un peu plus originale. Les effets spéciaux sont plutôt bons pour une série française.
Sarah Pachoud, qui incarne la jeune Camille, est fantastique. On l’avait déjà vu dans le rôle de Bertille pour le film Qui brille au combat.
Au final, la série souffre des éléments habituels de presque toutes les séries policières françaises, et leurs écueils narratifs, mais avec une bonne réalisation (certes très inspirée des films d’horreur) et des éléments fantastiques courageusement exploités, mais souvent ridicules, la série souffle le chaud et le froid en alternance. Son plus gros défaut est sans doute que les intrigues policières et fantastiques, qui sont intimement liées, sont très facilement et très rapidement presque entièrement limpides.
Certains pourraient considérer que la dimension fantastique est de trop, mais elle permet un 6ème épisode, après la révélation du fin mot de l’histoire, qui donne une autre dimension à l’ensemble de la série.
C’est un cran en dessous de Zone Blanche ou Les Revenants par exemple, mais ce genre de série française est à encourager.
Hasard du calendrier de diffusion, Le Signal 149 kHz exploite beaucoup l’enregistrement et l’analyse du son, dont l’importance imbibe toute la série et aurait donc pu très bien être citée dans l’article édité il y a peu : Le son pour parler à l’âme.

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