Train de nuit dans la voie lactée : La critique de la BD

TRAIN DE NUIT DANS LA VOIE LACTÉE
Date de sortie : 14 janvier 2026
Éditeur : Éditions Morgen
Scénario : Adrien Demont
Dessin : Adrien Demont
ISBN : 978-2387250001
Nombre de Pages : 176
Prix : 22,90 euros
DESCRIPTION
Le soir de la Fête de la Voie lactée, en butte aux moqueries de ses camarades d’école, Giovanni part s’isoler sur une colline et s’assoupit. A son réveil, un train à vapeur en provenance du Cosmos se pose à ses côtés... Curieux, il embarque sans se douter qu’il va visiter les confins de la galaxie, en compagnie de son ami Campannella...

LA CRITIQUE
Train de nuit dans la Voie lactée nous embarque dans un voyage singulier, à la fois intime et cosmique. À bord d’un train traversant la nuit, le récit suit un narrateur confronté à ses souvenirs, à ses doutes et à ses interrogations existentielles. Le trajet devient un espace suspendu, hors du temps, où les pensées vagabondent autant que les paysages défilent.
Entre introspection personnelle et contemplation de l’univers, l’album joue sur l’idée du voyage comme métaphore, un déplacement physique qui ouvre surtout sur un cheminement intérieur, fragile et profondément humain.
Adrien Demont propose ici un récit résolument introspectif, presque méditatif. Le scénario ne cherche ni la tension dramatique ni la narration classique, mais privilégie les sensations, les silences et les fragments de pensée. Le train, espace clos en mouvement, devient le théâtre d’une réflexion sur le temps qui passe, les choix de vie, la solitude et la place de l’individu dans un monde immense.
La Voie lactée, omniprésente en filigrane, élargit le propos vers une dimension cosmique. Le contraste entre l’infiniment grand et l’intimité du narrateur donne toute sa force au récit. Demont assume une forme de lenteur, qui peut dérouter, mais qui correspond pleinement à son propos : inviter le lecteur à ralentir, à observer, à ressentir. C’est une œuvre qui se vit plus qu’elle ne se raconte.
Graphiquement, Train de nuit dans la Voie lactée se distingue par un dessin épuré et délicat, porté par une grande attention portée aux ambiances. Les jeux de lumières nocturnes, les ciels étoilés et les paysages entrevus depuis la fenêtre du train installent une atmosphère feutrée, presque hypnotique.
Le trait d’Adrien Demont, sensible et précis, privilégie l’émotion à la démonstration. Les visages sont souvent suggérés plus que détaillés, laissant une large place à l’interprétation. La mise en page respire, ménage des espaces de silence qui renforcent l’impression de voyage intérieur. Chaque planche participe à cette sensation de flottement, comme si le lecteur était lui aussi installé dans le wagon, regard perdu dans la nuit. Je vous invite vivement à consulter la vidéo en bas de page qui dévoile les secrets des dessins envoutants de cet album.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Train de nuit dans la Voie lactée est une bande dessinée singulière, contemplative et profondément poétique. Adrien Demont y livre une œuvre introspective qui invite à la réflexion et à l’abandon, loin des récits formatés et des intrigues spectaculaires. Ce n’est pas un album qui cherche à séduire par l’action ou le rebondissement, mais par la justesse de son ton et la beauté de ses images. Une lecture exigeante, parfois déroutante, mais qui laisse une impression durable, comme un voyage nocturne dont on ne se souvient pas de chaque détail, mais dont l’atmosphère continue de résonner longtemps après l’arrivée.

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