La sève, le sang, les larmes : La critique du tome 1 d’Obrigan - le serment des druides

OBRIGAN
LE SERMENT DES DRUIDES
TOME 1/3 : LA SEVE, LE SANG, LES LARMES
Date de sortie : 05/11/2025
Éditeur : Éditions Soleil
Scénario : Olivier Peru
Dessin : Pierre-Denis Goux
ISBN : 978-2302107403
Nombre de Pages : 56
Prix : 16,50 euros
DESCRIPTION
49 soldats tués dans une des citadelles les mieux gardées des terres du nord. Un seul témoin devenu fou. Une enquête impossible... sauf pour Obrigan, un des plus sages maîtres druides du royaume de la Forêt.
Depuis un millénaire, les druides protègent le royaume de la Forêt, ils conseillent et secourent les hommes à travers le monde. Et alors qu’Obrigan, un druide de l’ordre des Loups, doit résoudre le mystère d’un massacre impossible, un mal ancien se réveille et pousse les terres du Nord à la guerre... Quant à la vérité, il va falloir la chercher jusque dans les plus noirs secrets de la Forêt.

LA CRITIQUE
Un crime effroyable a été perpétré dans la citadelle de Wishneight, au cœur des terres du Sonrygar. Le maître druide Obrigan, de l’Ordre des Loups, se rend sur les lieux accompagné de ses deux apprentis, Kesher et Tobios. À la demande du commandant Tarrige, ils viennent constater de leurs propres yeux l’horreur du massacre. Face aux atrocités qu’ils découvrent, bien au-delà de tout ce qu’ils pouvaient imaginer, l’enquête débute, une quête de vérité dont l’issue pourrait bien prévenir une guerre avec le royaume voisin du Rahimir
La sève, le sang, les larmes, premier tome de Obrigan – Le Serment des druides, adapte en bande dessinée le roman Druide d’Olivier Péru. Et bonne nouvelle : c’est l’auteur lui-même, qui signe cette transposition, 15 ans après. On peut donc s’attendre à une adaptation fidèle à l’esprit et à la richesse du texte d’origine — après tout, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Je dois avouer ne pas avoir lu le roman (promis je vais y remédier) mais bonne nouvelle, on peut tout autant apprécier la BD sans connaitre le roman.
Ce sont des enjeux complexes qui sont exposés très rapidement dans cette sombre histoires. Le royaume de Sonrygar est prompt à dégainer l’épée en accusant le voisin du Rahimir. Le scénario s’impose d’abord comme une enquête, un mystère violent à élucider : la mort brutale de soldats dans des conditions impossibles engage à la fois une intrigue policière et une dimension politique entre royaumes adverses. Cet aspect fonctionne très bien, car il plante rapidement un conflit, un enjeu tangible (la guerre), et un protagoniste – Obrigan, chargé de le résoudre, malgré les obstacles sur sa route.
Le récit plonge ensuite dans l’univers plus vaste des druides, d’anciennes légendes, de la nature à défendre, d’un secret enfoui dans la forêt. La mythologie druidique crée une toile de fond solide et mystérieuse, ouvrant sur des pistes de magie, de nature, d’ombres. Visuellement, l’univers renvoie à une heroic-fantasy très celte ou forestière, ce qui donne une identité forte.
Le dessin de Pierre‑Denis Goux (et les couleurs de Jérôme Alvarez) est un véritable atout. C’est visuellement très beau, l’album est une réussite. Les planches mettant en avant des forêts brumeuses, des citadelles minérales et des créatures inquiétantes, sont magnifiées par des couleurs aux dominantes de tons terreux, végétaux et chauds : verts mousse, bruns, ocres, gris pierre, rouges sombres ou dorés. Ces teintes donnent une sensation de matière vivante, de forêt ancienne, de nature humide et charnelle, plutôt qu’un univers froid ou artificiel.
Cette palette renforce le lien entre les druides et leur environnement. On a vraiment l’impression que tout est imbriqué dans la nature, jusque dans les ombres et la lumière. Les panoramas, les ambiances sombres, le contraste entre nature et pierre, tout cela crée une immersion forte. Le travail visuel de Goux répond parfaitement aux attentes : textures, grands décors, atmosphère.
Malgré une mise en place longue, ce premier tome fonctionne surtout comme pose du décor, on attend beaucoup de la suite pour voir comment le conflit va évoluer. Certains dialogues ou séquences explicatives peuvent alourdir la lecture, mais sont aussi essentiels pour une cohésion du monde mis en place. L’univers druidique est bien établi, l’idée de druides protecteurs d’une forêt millénaire, convoqués pour une enquête, est intéressante et originale dans le paysage BD fantasy. La qualité visuelle est élevée, le graphisme est travaillé, immersif, avec un soin pour les décors, l’atmosphère, la couleur. Mais principalement parce que Pierre-Denis Goux est un habitué du genre.
ET FINALEMENT
Et finalement, La sève, le sang, les larmes est une très bonne introduction au monde pour cette histoire de fantasy mise en place par Olivier Peru. À condition de patienter un peu pour que l’intrigue gagne en rythme, on y trouve un univers riche, une ambiance visuelle forte, et des promesses intéressantes. C’est une belle BD, pour les lecteurs amateurs de fantasy et bien évidemment ceux qui connaissent l’univers druidique et mythique du roman de Peru et qui voudraient mettre des images sur les mots de l’auteur. Les choses étant posées, on attend impatiemment la suite dans le second tome à venir.

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