Survival - Guna Yala : La critique

SURVIVAL
GUNA YALA
Date de sortie : 05/11/2025
Éditeur : Éditions Soleil
Scénario : Christophe Bec
Dessin : Mack Chater
ISBN : 978-2302090309
Nombre de Pages : 64
Prix : 16,50 euros
DESCRIPTION
Après un crash aérien dans la forêt la plus dangereuse du monde, en Amazonie, qui de l’équipage parviendra à survivre ? Seuls le courage ; la solidarité ... ou la félonie de chacun pourront leur permettre de s’en tirer.
Suite à un crash, des hommes et des femmes se retrouvent piégés au coeur de la jungle de Guna Yala, en Amérique du sud. Environnement hostile et impénétrable, l’air y est chaud et humide, suffoquant. Les araignées et serpents venimeux, les fauves, y sont légion. Comme les narcotrafiquants. Quiconque y met les pieds est coupé du reste du monde, sans réseau, sans espoir.

LA CRITIQUE
On dit que la jungle de Guna Yala au Panama est la plus dangereuse au monde. Et malheureusement, l’avion de la Yucatan Airline censé rejoindre Bogota, vient de s’y écraser. Après avoir survécu au crash de l’avion, les rescapés devront maintenant affronter une jungle tout aussi hostile, humide et étouffante, pour tenter de rester en vie. Survivre dans la jungle est quasi mission impossible. Les araignées, les serpents venimeux, les fauves, et les narcotrafiquants sont les principaux dangers à surmonter.
Christophe Bec nous propose, une fois de plus avec brio, un huis-clos nature et survie, un survival pur et dur dans un décor exotique et hostile. La jungle, la sueur, la peur, l’attente, l’angoisse sont les moteurs de l’histoire. L’auteur mise ici sur les codes du genre survival en nature extrême. L’idée est simple et efficace. Isolement + environnement hostile + menace humaine (les narcotrafiquants) = tension constante (sans oublier les autres membres du groupe de survivants). Le décor injecte un climat de danger permanent, ce qui est un bon choix pour faire monter l’adrénaline chez le lecteur.
Au-delà de la survie immédiate, on perçoit plusieurs enjeux, la confrontation de l’homme à la nature sauvage, qui ne pardonne rien, le groupe humain, ses dynamiques, ses peurs, ses failles. Le crash crée un choc, puis l’effort de survie va révéler des caractères, des tensions internes, des choix extrêmes. L’isolation technologique (pas de réseau) et le retour aux éléments primaires (nature, vie ou mort) fonctionnent comme un rappel que l’homme moderne est fragile face à ce type de milieu. La jungle devient presque un personnage à part entière, l’adversaire extérieur et intérieur.
L’idée du décor sud-américain, rare dans ce type de BD franco-belge, apporte une originalité bienvenue. Le dosage danger/nature/isolation fonctionne très bien pour tenir le lecteur en alerte. Le cadre est visuellement prometteur. Mais le concept crash + jungle + survie est déjà vu, dans la BD, le cinéma ou le roman. Il faut donc que les personnages, les rebondissements ou la mise en scène se démarquent fortement pour surprendre, ce qui est heureusement le cas. Avec seulement 64 pages, le développement se doit d’être rapide, parfois au détriment de la profondeur des personnages ou de la logique interne.
Le dessin de Mack Chater, épaulé par Danielle Fabiani pour les 5 dernières pages, soutenu par les couleurs de Stéphane Paitreau, se prête bien à ce genre d’ambiance. Une jungle oppressante, une lumière suffocante, des scènes d’action et de tension, des animaux sauvages et des serpents venimeux : tout cela offre de belles opportunités visuelles pour les environnements luxuriants de la jungle, les détails de l’épaisseur végétale, des textures (feuillage, humidité, insectes). Les scènes de danger (animaux, serpents, chute, etc.) sont visuellement marquantes et renforcent l’immersion.
ET FINALEMENT
Et finalement, Guna Yala, ce nouvel opus de la série Survival remplit bien sa promesse de tension et de dépaysement. Il s’impose comme un excellent album, thriller bourré d’adrénaline, parfait pour être dévoré en peu de temps, avec un bon dosage d’angoisse et de dessin angoissants. Bec nous plonge, avec ce récit dense et intense, dans les tréfonds de l’âme humaine, où tous les actes ont des conséquences plus ou moins importantes. Et si je n’avais pas pris cet avion... le destin s’avère être parfois terrible.
LA SERIE SURVIVAL SUR UNIF

Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.












