Criminal Hors-Série - Les acharnés : La critique

Date : 29 / 11 / 2025 à 08h00
Sources :

Unification


CRIMINAL HORS-SÉRIE - LES ACHARNÉS

- Date de sortie : 22 octobre 2025
- Éditeur : Éditions Delcourt
- Scénario : Ed Brubaker
- Dessin : Sean Phillips
- ISBN : 978-2413089902
- Nombre de Pages : 200
- Prix : 29,95 euros

DESCRIPTION

Dans ce jeu de destins croisés auquel les auteurs nous ont habitués, on retrouve Jacob, l’auteur de BD aigri, mais aussi Tracy Lawless, de retour en ville après une période en tant que membre des forces spéciales.

A Hollywood, Jacob travaille sur l’adaptation en série télé d’une de ses BD. Rapidement, il se retrouve piégé entre une tante vieillissante et les vautours qui entourent cette industrie. Angie, qui a grandi à l’Undertow, cherche à se venger. Tracy Lawless est de retour en ville après avoir quitté les forces spéciales. Un récit coup de poing autour de l’ambition, de la cupidité et des liens du sang.

LA CRITIQUE

Jacob Kurtz est un scénariste qui se rend à Hollywood pour travailler à la télé et être producteur consultant de l’adaptation série de sa propre B.D. mais très vite, il déchante, la série n’a rien à voir avec ce qu’il avait écrit. Angie, jeune femme cambrioleuse se retrouve à la porte du bar qu’elle a tenu de nombreuse années et va chercher à se venger. Tracy Lawless, le vétéran sera là quand il faut pour venir en aide à Jacob et Tracy.

Dans ce récit puissant signé du duo Ed Brubaker (au scénario) et Sean Phillips (au dessin), on retrouve trois trajectoires qui convergent dans l’univers rugueux de la série Criminal. Jacob, scénariste de BD, bascule dans le monde des vautours hollywoodiens quand on lui propose l’adaptation de son œuvre. Angie, orpheline, élevée dans le bar l’Undertow, nourrit une colère tenace et cherche à se venger. Enfin, Tracy Lawless, vétéran taciturne, apparait tardivement dans le récit, revient en ville après avoir quitté les forces spéciales. Ce trio incarne l’obsession, la douleur et la soif de contrôle dans un cadre urbain sombre et sans concession.

Brubaker ne se contente pas de livrer un polar classique : il creuse les thèmes de l’identité artistique, du pouvoir destructeur de l’image et de la vengeance. On ressent que l’industrie du divertissement (Hollywood, la télévision) devient elle-même un terrain criminel, un espace où les rêves se brisent et où les personnages sont littéralement broyés. Mais on y fume aussi beaucoup dans la BD, serait-ce pour montrer du doigt les dérives des médias, ou tout simplement doit-on y voir une incursion du lobby des cigarettiers dans la BD ?

L’auteur joue avec habileté sur une structure en chapitres (trois personnages, trois récits) qui s’entrelacent pour composer un puzzle narratif. Cela donne au récit cette sensation d’être à la fois multiple et unifié, révélant progressivement les liens entre les vies brisées de Jacob, Angie et Tracy. Le résultat est un thriller adulte, nerveux, dense, où la violence est partout, elle n’est pas gratuite mais profondément ancrée dans la psychologie des protagonistes. L’obsession y est le moteur, et elle se révèle être autant un moteur de survie que de destruction.

Sean Phillips, accompagné par Jacob Phillips aux couleurs, déploie un style visuel à la fois rugueux et élégant. Le trait est expressif, les visages marqués, l’atmosphère lourde. Le découpage s’accorde parfaitement au ton  : on ressent la claustrophobie des personnages et l’âpreté des lieux. Le travail de mise en couleurs ajoute une profondeur sombre et contrastée qui renforce l’ambiance polar urbain du récit.

Le scénario est mature, sans concessions, et offre une immersion forte dans un monde impitoyable avec un dessin et une mise en couleur qui sont parfaitement au service du récit. Le duo Brubaker & Phillips frappe encore fort et une fois de plus on est subjugué par la qualité du récit. Le traitement des personnages est riche, on sent leur humanité brisée, leurs contradictions, leurs blessures et toutes les mauvaises décisions qui jalonnent leurs parcours.

ET FINALEMENT ?

Les Acharnés est un album exigeant qui confirme Brubaker et Phillips comme maîtres du polar en BD. Sombré et travaillé, le récit mêle psychologie et adrénaline, avec des personnages portant leurs blessures comme un fardeau — un vrai régal pour les amateurs du genre. Même hors de la série Criminal, l’histoire se lit parfaitement seule, même si quelques références peuvent sembler floues pour les non-initiés. Comme toujours, le duo Brubaker & Phillips signe ici un polar noir intense et terriblement maîtrisé.


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