Belphégor : La critique de la nouvelle série HBO Max

Date : 01 / 12 / 2025 à 14h00
Sources :

Unification


BELPHÉGOR

- Diffusion à partir du : 11/12/2025
- Plateforme : HBO Max
- Épisodes : 1.01 à 1.04
- Créée par : N.A. Sambuc, T. Mansuy
- Librement adaptée de : Arthur Bernède
- Réalisation : Jérémy Mainguy
- Interprètes : Shirine Boutella, Vincent Elbaz, Aure Atika, Tiphaine Daviot, Nicolas Briançon, Kad Merad

Hafsa, une talentueuse restauratrice d’art fraîchement embauchée au Louvre, plonge en plein chaos lorsqu’elle tombe nez à nez avec un masque millénaire du dieu de l’orage « Belphégor ». Soudain impliquée dans une série de disparitions inexplicables, une course contre la montre s’engage pour elle. Pour faire éclater la vérité, Hafsa devra se battre contre ceux qui la traquent... et contre ses fantômes.

LA CRITIQUE

Cadre préliminaire : Très librement inspiré du roman d’Arthur Bernède, paru en feuilleton dans le journal Le Petit Parisien en 1927, Belphégor avait la particularité d’être accompagné en parallèle de son adaptation au cinéma, c’est ce que l’on appelait le cinéroman, un procédé employé dès 1916 pour Judex, le modèle du genre.
L’auteur, à qui on devait d’abord des productions historiques (Vidocq en 1923 ou Surcouf en 1925 par exemple), désirait proposer une aventure contemporaine, marquée dans l’imaginaire du public qui le lisait. Sa forme initiale était composée de 4 parties, aussi bien pour le roman, que pour le film. Plusieurs fois adapté, on connaît surtout Belphégor par son adaptation diffusée sur la 1er chaîne en 1965.
C’est en surfant sur ce glorieux héritage que cette mini-série de 2025 voit le jour.

Le défi de cette nouvelle version est de taille, car le succès de la dernière adaptation télévisée en 1965 fut un succès énorme, donnant naissance à l’un des piliers du petit écran francophone.

Si cette dernière adaptait déjà l’histoire à sa propre époque (nous passions des années 20 aux années 60), la filiation, lourde en ambiance et gardant une certaine emphase théâtrale paraissait naturelle. Ici, notre époque et ses objets technologiques, rendent les choses moins épiques, mons spectaculaires. Qui vibre encore des 3 essais de mot de passe pour hacker un portable trouvé sur place ? Qui pense que visionner les caméras de surveillance est un moment mémorable ? Qui attend avec impatience le prochain appel sur mobile du suspect numéro 1 ? Si ce genre de choses peut marcher, il faut que cela soit écrit avec brio, comme dans la série Sherlock, mais là, cette contemporisation nuit gravement à la chape de plomb qui régnait dans les feuilletons (écrits ou mis à l’écran) de l’époque. Surtout que chaque épisode se termine par une chanson pop qui nous fait systématiquement sortir du cliffhanger final.

Le fantastique y est aussi vite gommé, à la faveur d’une enquête plus terre-à-terre. Le moment le plus décalé de la réalité demeurant quand on essaye de nous faire croire que l’héroïne, Hafsa, arrive à retrouver son portable, perdu sur le sol des rues de Paris, le lendemain de son agression. Tout le monde sait que c’est impossible, étant donné que l’on a déjà de la chance si on arrive à le retrouver dans son sac après son trajet en métro.

Les acteurs, parlons-en. Aucun ne paraît à sa place (Vincent Elbaz tire légèrement son épingle du jeu), et Shirine Boutella, qui incarne Hafsa est très inégale.
Il faut dire qu’elle n’est pas servie par des dialogues indigestes, verbalisant tout, dans une mise en scène qui fait de même.
Un exemple, Hafsa arrive devant la porte d’un appartement, appuie sur une sonnette où le nom de Vadim (son petit copain disparu) est écrit en gros et hausse le ton... Vadim ? Elle entre en utilisant son double et demande... Vadim ? alors que la taille du logement lui permet d’un seul regard de voir qu’il n’y a personne. Maintenant, nous le savons, elle cherche Vadim !

Dans l’ensemble, on nous rabâche aussi beaucoup trop ses pertes de mémoire (avec force d’effets sonores ou visuels) et la série trop "Hafsa centrée", nous fait perdre l’articulation multi-personnages des œuvres qui lui précède. On retrouve bien Bellegarde (le personnage campé par Vincent Elbaz, qui succède donc à Yves Rénier), mais son utilisation est trop antagoniste, de prime abord, pour vraiment montrer différents points de vue.
Autre changement majeur, il manque l’angoisse du tout Paris (l’affaire est ici tenue secrète), et personne ne se répète cette question... mais qui est donc Belphégor ? Le personnage qui donne son nom à la série, mais qui est en fait mis au second plan, ce qui est une grosse faute scénaristique.

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans cette série. Tout d’abord, l’idée de base est, disons le, très très bonne. Les créateurs ont décidé de ne pas reproduire directement l’intrigue déjà très connue de l’identité de Belphégor. Cette fois-ci, on prend une héroïne qui (détail du maquillage des yeux) lui ressemble un peu et l’enjeu sera pour elle de prouver qu’elle ne l’est pas (chose dont elle doute elle-même, étant donné ses trous de mémoire).
De plus, le décor du Louvre est forcément grandiose, même si on le voit surtout dans le premier épisode.
Enfin, un détail, malheureusement trop peu exploité, donne une touche d’originalité, Hafsa tient un journal de ses rêves (ce qui a son importance dans la résolution de l’énigme, bien entendu). La symbolique de l’eau aussi, qui fuit ou qui tombe du plafond, comme la pluie, trouve son explication dans l’une des toutes dernières scènes et fait comprendre au spectateur les enjeux de ses aventures.

Ceux qui connaissent l’histoire via la mini-série des années 60 par exemple, auront un train d’avance, avec la présence des trois grands traits du scénario original. Encore faut-il comprendre comment ils ont été modifiés pour tenir dans la nouvelle histoire.
Qui manipule qui ? Les amis trop proches pour être honnête et les antagonistes trop mystérieux pour être coupables...

Ce qui sauve la série, l’envie de savoir. Car, même si certaines lignes de mystères sont faciles à percer, d’autres sont plus difficiles à mettre à jour.
Notez que des choses restent inexpliquées (ou mal expliquées), ce qui rajoute à la maladresse du scénario.

Dans l’ensemble, cette série est une grosse déception. En effet, à part l’idée du contre-pied de base, tout le reste, ensuite, semble n’être qu’une succession de mauvais choix.
Un presque désastre qui rend bien triste, étant donné le matériel de base fabuleux.

Notez que cette série sera d’abord disponible sur HBO Max à partir du 11 décembre, puis, courant de l’année 2026, sur M6.



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