[Théâtre] Beyrouth hôtel : La critique

Date : 16 / 06 / 2022 à 09h30
Sources :

Unification


BEYROUTH HOTEL

- D’après la pièce de Rémi De Vos, Beyrouth Hôtel (2006)
- Comédiens : Nathalie Comtat et Olivier Douau
- Mise en scène : Olivier Douau
- Création lumière : David Ripon
- Décors : Jean-Bernard Tessier et Monia Nabli
- Production : Compagnie du Nouveau Monde

LA CRITIQUE

Une réception d’hôtel, une hôtesse d’accueil aux larges fonctions, un client un peu paumé et un jukebox fatigué.

Nous sommes à Beyrouth. L’hôtesse est libanaise et le client un auteur de théâtre français. C’est un quinquagénaire plutôt amorti, qui a fait le voyage pour rencontrer un metteur en scène libanais qui envisagerait de monter une de ses pièces. Il l’appelle, le rappelle, espère, attend et peu à peu on comprend que l’Arlésienne n’est pas loin. Il téléphone aussi à sa femme ou plutôt son ex-femme, qui l’évite elle aussi. Il ne parvient à joindre qu’un ami resté en France. C’est la seule oreille compatissante, à part l’hôtesse qui aimerait bien faire aussi commerce de ses charmes avec lui. Notre auteur de théâtre est récalcitrant à cette idée et tellement déprimé (et déprimant) qu’il lui est impossible de céder à la joie de la jeune femme. Elle vit au présent, lui ressasse son passé et espère un futur qui n’arrive pas.

Tout se passe à l’hôtel, comme dans un huis clos. Entre l’accueil (décor de la pièce) et la chambre (suggérée) du client, le spectateur que nous sommes, a du mal à se sentir concerné. L’auteur est pathétique et ne nous fait ni rire, ni pleurer. Olivier Douau en fait un personnage fade et terriblement ennuyeux. Sa gaucherie, son inaptitude à communiquer provoquent plus la gêne que l’empathie. Bref, il a du mal à nous toucher. Les dialogues au téléphone avec l’ami français virent au monologue, car la voix de l’interlocuteur nous est maladroitement transmise par une agaçante répétition de « Hein ? » et les systématiques reformulations de questions posées à l’autre bout du fil. Reste Nathalie Comtat qui donne une certaine fraicheur à la pièce et incarne une hôtesse d’accueil pleine de vie. Son accent semble plus slave que libanais, mais qu’importe. Malgré toute son énergie, elle ne parvient pas à ranimer l’auteur (dont on se demande comment il peut écrire des pièces de théâtre). Certes l’intérêt de la pièce est dans ce contraste entre deux personnages issus de deux pays proches et que tout oppose. On aurait cependant aimé que cette opposition permette à l’auteur de jouer sa partie avec plus d’émotion.

La mise en scène est simple et sans recherche notable, à part le recours (heureux) au juke box, qui est à la limite du statut de personnage, et suscite presque plus d’intérêt que l’auteur.

A n’en pas douter, les trois mois qui séparent la représentation à Paris et le Festival d’Avignon, auront permis au duo d’enrichir leur interprétation.

SYNOPSIS

Un écrivain de théâtre français attend dans un hôtel de la capitale libanaise des nouvelles d’un metteur en scène. Entre deux appels téléphoniques en France (à un ami et à son ex-femme), il parle avec la réceptionniste.

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