Cyber Hell - le réseau de l’horreur : La critique du film Netflix

Date : 26 / 05 / 2022 à 12h00
Sources :

Unification


CYBER HELL : LE RÉSEAU DE L’HORREUR

- Date de sortie : 18/05/2022
- Plateforme de diffusion : Netflix
- Titre original : Naver Jiok
- Durée du film : 1 h 45
- Réalisateur : Jin-sung Choi

LA CRITIQUE

C’est sur une affaire qui a défrayé la chronique en 2019 et 2020 en Corée du Sud que Cyber Hell : le réseau de l’horreur revient.

En effet, c’est suite à l’enquête de deux journalistes amateurs et d’un journal local qu’une affaire de grande ampleur de cybercriminalité et d’exploitation de jeunes femmes de manière sexuelle, a été dénoncée.

En effet, les journalistes en ont seulement identifié un individu qui avait des forums bien particuliers sur Telegram, mais ont aussi découvert l’existence de la énième chambre, un forum privé sur Telegram proposant des vidéos érotiques ou pornographiques et des photos de jeunes femmes dénudées qui étaient obligées de se mettre en scène au bon vouloir des utilisateurs.

Suite à ces articles, d’autres médias se sont emparés de l’affaire et la police a enquêté afin d’identifier les responsables de telles pratiques.

En effet, les victimes, souvent des collégiennes et des lycéennes, recevaient un message leur disant que leurs photos personnelles avaient fuitées. Elle devait donc installer l’application Telegram et se prêter aux ordres de celui qui les menaçait de révéler ces images à ceux qu’elles connaissaient.

Mais c’est dans un engrenage infernal qu’elles mettaient les pieds. Elles devenaient alors esclaves de forums où les personnes qui payaient un droit d’entrée pouvaient leur demander d’assouvir tous leurs fantasmes. Ces derniers contrôlaient ainsi leurs vies et faisaient vivre un véritable enfer aux jeunes femmes qui se transformaient en esclave numérique.

Le documentaire de Jin-sung Choi retrace par ordre chronologique les événements qui se sont déroulés. On y découvre les journalistes et les enquêteurs qui ont mené une enquête minutieuse pour identifier les responsables et les attraper. Les jeunes journalistes amateurs, la Team flamme, raconte son histoire à visage couvert, ayant peur de représailles liées à leurs actions engagées.

On découvre aussi quelques autres personnes qui témoignent de façon anonyme pour raconter ce qu’il s’est passé dans ces différents forums.

Un certain nombre d’échanges ont été recréés pour montrer comment fonctionnait cette cybercriminalité. Le documentaire est interdit au moins de 16 ans à cause de l’horreur intrinsèque de ce qui est raconté. Toutefois, les images proposées ont soigneusement été foutées. Plusieurs reconstitutions avec des comédiens permettent aussi de montrer les moments forts des événements passés.

On retrouve aussi certaines des images d’archives de l’époque. Alors que quelques éléments de fiction et des passages animés viennent illustrer visuellement les horreurs qui sont narrées.

Il faut aussi saluer la qualité de la musique qui renforce l’immersion dans ce tragique fait divers. On a ainsi l’impression de se retrouver en plein cœur des événements et la musique fait monter le suspense, alors que l’on veut savoir si les enquêteurs vont finir, ou pas, par identifier les responsables et les attraper.

Il ne faut pas non plus quitter le générique dès la fin du documentaire. En effet, plusieurs intervenants reviennent sur le phénomène de victimisation. Ils expliquent aussi un certain nombre d’éléments d’une façon claire pour éviter de propager ce genre d’horreur, alors que l’on peut soi-même être victime de ce genre d’attaque.

Cyber Hell : le réseau de l’horreur est un très bon documentaire donnant l’occasion de découvrir une affaire particulièrement horrible qui pourrait advenir sous nos latitudes. C’est un nouvel exemple, parfaitement illustré, des dérives des réseaux sociaux et une démonstration implacable d’une part pas très glorieuse de la nature humaine. Car cette affaire n’aurait pas pris l’ampleur qu’elle a eu s’il n’y avait pas une demande de personnes se croyant tout permis parce qu’elles pensent être anonymes et ne rien craindre.

Il faut donc rester extrêmement prudent avec les photos et les vidéos que l’on partage, surtout sur certains réseaux sociaux. En effet, la résilience du Web est très grande et il est difficile par la suite de supprimer des contenus que l’on ne veut plus voir.

Glaçant et informatif.

SYNOPSIS

Synonyme d’anonymat et d’exploitation, un réseau d’espaces de chat est le théâtre de nombreux crimes sexuels. La traque de ses opérateurs nécessitera courage et ténacité.

BANDE ANNONCE



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