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Dévolution : La critique

Date : 02 / 05 / 2021 à 07h45
Sources :

Unification France


Max Brooks

Dévolution

  • Date de parution : 31 mars 2021
  • Editeur : Calmann Levy
  • Collection : Policier
    Science-fiction
  • ISBN : 9782702180754
  • Prix : 19.90 €
    (numérique : 14.99 €)
  • Nombre de pages : 270
  • Format : 153 x 235 mm

Et si la fin du monde avait vraiment lieu ?

Bienvenue à Greenloop, près de Seattle, petite communauté écolo privilégiée permettant à des ultra-riches de vivre au plus près de la nature, mais avec une technologie de pointe. Quand un proche volcan entre en éruption, Greenloop est soudain coupée du monde, et ses habitants jetés dans une épreuve de survie au jour le jour.

Kate Holland relate dans son journal intime comment son petit coin de paradis devient un enfer, surtout quand s’abat sur les survivants un prédateur inattendu : le Bigfoot. Pour survivre, la communauté doit désapprendre tout ce que le monde moderne lui a inculqué.

Entre le journal de Kate et les nombreux témoignages extérieurs, nous reconstituons une ahurissante histoire de survival horror. À la fois conte horrifique et voyage scientifique, Dévolution est une lecture intense, qui questionne le conflit entre nature et monde civilisé.

Décryptage

Greenloop était censé être le village écologique parfait composé de 7 maisons hi-tech isolées, situées à une heure et demie au sud de Seattle et accessible uniquement par une seule route. C’est ici que viennent d’emménager Kate Holland et son mari Ben, un peu comme des cheveux sur la soupe. Les courses sont livrées par drones, l’électricité provient de l’énergie solaire et ils produisent leur propre méthane à partir... de leurs excréments... Les iPhones et autres iPads contrôlent la plupart des systèmes numériques des maisons connectées. C’est le paradis, l’endroit idéal en plein nature pour profiter avec une certaine élite (plutôt aisée) de la tranquillité liée à l’isolement, avec tout le confort sur le palier. Mais l’irruption du Mont Rainier voisin, et la rupture physique du câble qui les relie aux autres, va mettre à mal ce petit paradis sur Terre qui va se trouver isolé du reste du monde. La communauté décide de rester et d’attendre les secours. Mais est-ce que quelqu’un se soucie d’eux ? Seront-ils seulement secourus ? Il va falloir s’organiser pour survivre et la première visite ne sera pas celle qu’ils attendaient.

Ces écolos en herbe semblent avoir tout prévu, sauf les cas d’urgence, les cas graves. Comme pour les produits de première nécessité, ils s’en remettent à d’autres qui y auraient pensé (ou pas) à leur place, se forçant à se poser finalement la question : pourquoi toujours s’en compter sur les autres pour penser et agir à sa place et dans le cas présent, se sauver. Notre mode de vie est ici taclé comme le fait de pouvoir se faire livrer n’importe quoi à n’importe quel moment grâce aux géants comme Amazon, encore faut-il avoir une connexion… Et finalement la société n’est plus rien si elle n’est plus connectée. Brooks en profite pour poser le doigt sur les limites de notre dépendance aux technologies.

Dévolution propose une narration intéressante, à la manière des films « found footage » comme Blair Witch. Pour ancrer la légende et son récit dans la réalité, Brooks se sert de la retranscription du journal intime retrouvé après coup, de Kate s’adressant à son psy, entrecoupée d’interview de la Ranger responsable de l’équipe de sauvetage, du frère de Kate, de passages de livres sur le Big Foot et bien d’autres interludes. Pour ancrer encore plus le récit d’une une certaine réalité, l’auteur se sert de notes de bas de pages explicatives et sérieuses ainsi que de citations en début de chaque chapitre.

Le roman, fable écologique amusée et amusante présente ces nouveaux hippies riches, dont le créateur roule en Tesla, qui font du yoga et de la méditation pour se recentrer. C’est une galerie de personnages intéressants (Kate et son mari principalement), qui vont se dévoiler au fur et à mesure des événements tragiques, les optimistes, les pessimistes et au milieu les guerriers… Le roman s’intéresse aussi bien évidement aux personnages pas franchement débrouillards de base, et à leurs manières toutes différentes de gérer le stress lié à l’éruption, à l’isolement et à l’intru. Passée l’excitation, s’installe la méfiance, les personnalités se révèlent petit à petit. Les personnages principaux sont plutôt bien travaillés, il est juste dommage que certains personnages secondaires manquent un peu de profondeur (mais c’est vraiment là le seul défaut que je trouverais). Le récit pose de nombreuses questions comme finalement savoir ce que les gens sont prêts à faire pour survivre, ensemble ou seuls.

En même temps d’être captivant, violent et effrayant, le roman est aussi amusant, sarcastique, avec de nombreux clins d’œil à une culture qui résonne parfaitement à toutes les générations (Seul sur Mars, Princess Bride mais aussi The Crown et Downton Abbey entre autres). Fascinant c’est bien le mot qui colle au roman, il explore les abysses de l’âme humaine et conclu finalement que c’est dans l’adversité que les gens se dévoilent et se découvrent. L’héroïne/narratrice fait ici preuve d’une ténacité et d’une force inattendue et devient une véritable guerrière alors qu’elle n’était qu’une desperate housewife timide. Ce roman sombre et sauvage, qui oscille entre guide de survie et le récit d’horreur est un voyage quasi scientifique à la frontière entre la vérité et la fiction. Max Brooks tient le lecteur en haleine de main de maitre avec son histoire de Big Foot comme ce fut déjà le cas avec l’invasion de zombies de World War Z.


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