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Jessica Jones : Review de la saison 3

Date : 20 / 06 / 2019 à 14h55
Sources :

Unification


Le 14 juin 2019 sortait l’ultime saison de Jessica Jones qui constitue le chant du cygne d’une franchise Defenders, annulée, enterrée par les mastodontes Disney et Netflix.

D’un côté, des bruits de couloirs accusent le studio Disney/Marvel de saborder la franchise Defenders pour privilégier le catalogue de sa future plateforme Disney +. D’un autre côté, d’autres bruits font écho d’une décision d’annulation stratégique de la part de Netflix. En effet, compte tenu du constat d’un ratio de visionnage très insuffisant eu égard à l’investissement consenti, Netflix aurait pris décidé de réorienter ses financements dans des créations super-héroïques indé à fort potentiel, dont l’identité pourrait s’associer facilement à une signature Netflix à l’instar de l’excellent Umbrella Academy. La vérité se situe surement entre les deux arguments avancés.

Sur la saison à proprement dite, il est tentant de dire que les ultimes heures de Jessica Jones viennent clore dignement les Defenders. Après les indigents Iron fist (saison 2) et Punisher (saison 2), l’honneur est donc sauf.

A ce stade, il est nécessaire d’indiquer que l’écriture de cette dernière saison a été perturbée par les décisions d’annulation de l’intégralité des séries composant les Defenders. Et objectivement, d’aucuns diraient qu’une série qui attend le 4ème voire le 5ème épisode sur les 13 pour véritablement décoller son intrigue, ne peut être qualifiée de " franche réussite ".

En substance, il est devenu classique de ressentir un sentiment de remplissage au cours du visionnage de la série, et ce, dès les premiers instants de la saison. On dirait presque une marque de fabrique, une triste signature de la franchise qui n’aura donc pas appris de ces erreurs, jusqu’au bout.

S’il devient presqu’inutile de dire que le délayage est un défaut connu et récurrent chez les Defenders, le plus gênant cette saison est l’impression que les showrunners n’ont plus grand-chose à raconter de bien intéressant sur leur héroïne. Jessica Jones traine son air boudeur, sa mine dépressive et son humeur massacrante parce qu’il faut qu’elle les traine. Comme s’ils la définissent totalement, comme si elle n’est pas capable de surmonter ses démons, ce qui revient à renoncer à toutes perspectives d’évolution du personnage qui a pourtant beaucoup de facettes à dévoiler. A noter que Kristen Ritter se défend admirablement bien avec le peu de matière qu’on lui offre, ce qui démontre bien le talent indéniable de l’actrice.

Du côté de l’intrigue, histoire de tenir en haleine et divertir l’homo Netflixus, le scenario va se construire autour de deux thèmes refuges qui sont très classiques dans les comics :

  • La dualité Héros/Justicier ;
  • Homo Super V Homo Sapiens ;

Le caractère très classique des thématiques choisies ne constitue pas un problème en soi. Néanmoins, l’exécution et l’adaptation pratique ne sont clairement pas à la hauteur. L’affrontement classique entre le Super et l’intelligence humaine perd sa force et sa crédibilité dès lors que des décisions irrationnelles sont prises par les personnages sensés incarner l’intelligence elle-même.

Par ailleurs, le problème de cette saison tient au fait que la réflexion menée au sein de la série paraît bien légère et en surface pour que ces grandes thématiques, traitées maintes fois avec maestria, puissent offrir une consistance au propos.

A ceci s’ajoutent les maladresses, les facilités scénaristiques pour que se dévoile assez vite une histoire poussive voire forcée.

Ainsi, globalement, dans sa troisième saison, Jessica Jones a perdu la qualité d’écriture qui faisait son caractère. En un sens, la série ne se repose même plus sur le discours militant sur la " force féminine " au sein de la société, ce qui implique qu’elle se contente de n’être qu’une série super-héroïque procédurale sans génie. Néanmoins, essentiellement grâce à la performance des acteurs, la seconde moitié de la saison parvient à captiver l’attention pour que le sentiment d’immense gâchis ne soit pas prégnant, au bout de ce dernier run.

EPISODE

- Episodes : 3.01 à 3.13
- Date de première diffusion : 14/06/2019 (Netflix)
- Réalisateurs : Michael Lehman - Krysten Ritter - Anton Cropper - Liesl Tommy - Mairzee Almas - Tim Iacofano - Larry Teng - Stephen Surjik - Jennifer Getzinger - Sarah Boyd - Neasea Hardiman
- Scénaristes : Melissa Rosenberg - Hilly Hicks Jr. , Lisa Randolph - Jamis King - J. Holtham - Jesse Harrie - Nancy Won - Scott Reynolds - James Espenson

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