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FFAST 2019 : Le bilan

Date : 22 / 02 / 2019 à 08h00
Sources :

Unification


Le FFAST c’est achevé sur une belle édition. Trois films différents ont été primés, montrant la qualité de la section. Le public s’est tourné vers le très drôle Round Figure mettant en scène un acteur vraiment formidable. Le jury étudiant a été touché par le très beau documentaire d’Arshad Khan sur l’homosexualité du réalisateur et la façon dont elle s’est intégrée dans sa famille. Le jury, lui, à plébiscite un troisième film que je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir.

Dans cette édition resserrée, ne présentant les films qu’une seule fois, le festival a été victime de son succès. En effet, la salle d’une centaine de place a souvent été pleine, et la séance de clôture était déjà complète la veille de cette dernière.

Cela fait plaisir de voir que des spectateurs divers et nombreux s’étaient déplacés pour assister à la projection de films d’Asie contemporains, brossant le portrait parfois réaliste et social d’un cinéma que l’on n’a pas souvent l’occasion de voir sur grand écran. Malheureusement, les longs métrages de la compétition risquent de ne pas trouver forcément le chemin de nos salles obscures. Comme cela a été tristement le cas lors des précédentes éditions.

Marquez donc dans vos agendas les dates à venir du prochain festival qui devrait sans doute se dérouler aux alentours de début février.

Vous pouvez retrouver ci-dessous un avis rapide sur les trois longs métrages et les trois courts métrages que j’ai vu lors de cette session. En effet, il était des plus agréables d’avoir avant chacun des films en compétition un court-métrage présenté.

Les trois prix décernés lors de la cérémonie de clôture ont récompensé :

- Prix du jury : Komola Rocket, un bateau orange - 2018 - Bangladesh de Noor Imran Mithu
Résumé : Un ancien ferry de l’époque coloniale se retrouve coincé dans un banc de sable. À son bord voyagent notamment le propriétaire en fuite d’une fabrique de textile partie en fumée, un poète et herboriste, une famille de nouveaux-riches, une bande de saltimbanques et le corps d’une ouvrière décédée. À travers la rencontre fortuite entre des personnages aux origines sociales très diverses, « Komola Rocket » (en français Le bateau orange) dépeint les multiples visages du Bangladesh contemporain.
- Prix du jury étudiant Multidimension : Abu : Father - 2017 - Pakistan/Canada de Arshad Khan
- Prix du public :Round Figure - 2017 - Inde (Maharashtra) de Hartik Mehta

Un très grand merci à tous les bénévoles qui ont permis que cette édition ait lieu et soit un succès. À l’année prochaine.

- SITE OFFICIEL


ABU : FATHER

Abu : Father - 2017 - Pakistan/Canada de Arshad Khan
Résumé : Dans un documentaire qui mêle images d’archives familiales et animation, le réalisateur Arshad Khan revient sur sa relation complexe avec son père : la migration familiale du Pakistan au Canada, l’affirmation de son homosexualité, la dévotion religieuse et le repli de plus en plus marqué de ses parents. Film suivi d’une séance de questions-réponses avec le réalisateur Arshad Khan.

Avis : Abu : Father est un passionnant document retraçant la vie du réalisateur Arshad Khan qui a découvert son homosexualité pendant son adolescence. Ce dernier, d’origine pakistanaise, avant que sa famille n’émigre au Canada, revient sur sa jeunesse et sa vie actuelle. Il évoque un certain nombre de sujets, dont certains tabous comme les violences sexuelles faites aux enfants.

Il lui a fallu cinq années pour réussir à obtenir toutes les archives vidéo permettant de retracer la vie de sa famille. Il interview aussi quelques-uns de ses membres, notamment sa mère et sa sœur aînée, pour leur poser des questions permettant de faire avancer le récit de son histoire. Il entrecoupe ces différents éléments avec quelques passages animés permettant de combler ce dont il n’a pas d’archives pour les illustrer.

Malgré le propos, c’est une véritable déclaration d’amour envers son père que fait le réalisateur. Un homme qui a eu une vie riche et compliquée, et qui s’est tourné plus intensément vers Dieu après avoir emménagé au Canada.

Le documentaire est vraiment passionnant à visionner. C’est un formidable message de tolérance allié à une famille particulièrement attachante à découvrir. Une œuvre intense et dure, montrant la condition de l’homosexualité dans un pays qui ne la tolère pas. Le documentaire n’a donc quasiment aucune chance d’être jamais vu dans ce pays. Néanmoins, le réalisateur veut, pour son prochain long-métrage, mettre dans son récit tous les éléments qui font grincer des dents le Pakistan. Ce qui peut donner une nouvelle œuvre détonante !

BANSULLI

Bansulli (La Flûte) - 2012 - Népal de Min Bahadur Bham
Résumé : Après une longue guerre civile qui a coûté la vie à plus de 13 000 personnes, les maoïstes sont arrivés en première ligne et s’affrontent lors Des élections nationales à l’Assemblée Constituante. Au milieu des changements politiques qui vont affecter cette partie de l’Himalaya, la vie de Bijuli, une fillette de 12 ans vivant à l’ouest du Népal, est également sur le point de changer pour toujours. Ce film fait partie de la sélection officielle du 69ème Festival de Venise (2012).

Avis : Bansulli est un très sympathique court-métrage présentant une jeune fille vivant en Népal dans un petit village et qui veut apprendre à faire de la flûte comme les garçons. Le film réalisé par Min Bahadur Bham avant de passer au long-métrage avec Kalo Pothi présente un visage véridique du Népal. Il montre parfaitement la différence existant entre les hommes et les femmes. Et la condition de ces dernières, notamment vis-à-vis de leurs études, puisque leur vocation est de se marier. La jeune fille est bien mise en valeur dans le bel écrin des montagnes du pays. De plus, le film présente une histoire douce-amère qui reste longtemps en mémoire.

JAALGEDI

Jaalgedi - 2017 - Népal de Rajesh Prasad Khatri
Résumé : Lorsque deux touristes blancs font leur apparition dans le village himalayen reculé où elle habite, Jaalgedi (en français, ’la fille curieuse’) se désintéresse de son travail, provoquant un désastre pour sa famille.

Avis : Jaalgedi est un intéressant court-métrage, montrant une jeune fille vivant dans un petit village au Népal. Suite à l’arrivée de touristes blancs qui traversent la région, cette dernière va oublier ses tâches et cela va entraîner de terribles conséquences. Le film montre de façon vivace la façon de vivre des personnes se trouvant dans des localités rurales et isolées. La hiérarchie du village est bien décrite. Quant aux enfants, et à leurs comportements, ils sont universels, mais leurs jeux ne sont pas les mêmes que les nôtres, devant souvent s’arrêter devant le travail qu’ils doivent exécuter dès leur plus jeune âge. L’œuvre est intéressante et permet de découvrir le visage peu montré d’un pays où la vie est difficile pour tout le monde.

KALO POTHI

Kalo Pothi - 2015 - Népal de Min Bahadur Bham
Résumé : Dans un petit village du nord du Népal, Prakash et Kiran, deux amis inséparables malgré leur différence de caste, décident d’élever une poule afin de gagner un peu d’argent en vendant les oeufs. Mais un jour, la poule disparaît. Pour la retrouver, ils partent en voyage, inconscients des dangers qu’implique le fragile cessez-le-feu de la guerre civile.

Avis : Kalo Pothi raconte une belle histoire moderne et cruelle concernant des jeunes gens, issus d’une classe différente, achetant une poule pour vendre ses œufs. Suite à la disparition de cette dernière, ils cherchent partout les moyens de la retrouver et s’engagent dans un chemin bien périlleux. Le film se situe à la fin de la guerre civile Népalaise, une décennie pendant laquelle les Népalais s’entretuaient entre eux, et où les chemins étaient bien peu sécurisés. Les deux jeunes gens sont formidables et font croire à ce merveilleux conte moderne montrant une amitié sortant des limites de l’ordre établi. L’œuvre est porteuse d’un bel espoir dans un avenir meilleur, malgré une tonalité de plus en plus sombre. Véritable dénonciation des très nombreuses morts qui ont eu lieu pendant la guerre, le long-métrage est un document passionnant servant aussi à décrire les différences entre castes. Et un film s’inspirant des souvenirs de jeunesse du réalisateur, ce qui en rend la qualité encore plus réaliste.

ROUND FIGURE

Round Figure - 2017 - Inde (Maharashtra) de Hartik Mehta
Résumé : Après une longue carrière d’acteur pendant la période de gloire de Bollywood (quoique dans des rôles secondaires), Sudheer s’est bon gré mal gré mis à la retraite. Lorsqu’il apprend qu’il a joué dans 499 films, il décide de reprendre du service pour décrocher ce 500ème rôle dont il espère qu’il sera celui de sa vie. Round Figure, en français « l’arrondi », constitue une mise en abîme pour l’acteur principal, Sanjay Mishra, qui a lui-même incarné de nombreux personnages secondaires du cinéma hindiphone et que l’on découvre ici en pleine lumière, comme jamais auparavant.

Avis : Round Figure est un excellent film qui parle de la condition des acteurs. Le réalisateur Hartik Mehta, qui a été pendant 7 années assistant réalisateur, a écrit l’histoire spécifiquement pour un acteur qui a un certain nombre de ressemblances avec le personnage principal du film. En effet, Sanjay Mishra a tourné dans 174 long-métrage. Il a toujours eu les petits rôles, mais le réalisateur trouvant qu’il était réellement très bon, a voulu lui donner enfin un rôle de premier plan, dont il serait le personnage principal. On y découvre donc un acteur qui a pris sa retraite et qui apprend avec stupéfaction qu’il a joué dans 499 films. Il n’a donc plus qu’une seule obsession, tourner dans un 500ème. Dans un rôle qu’il espère être, enfin, celui de sa vie. On va suivre le personnage de castings en tournage, ce qui va permettre de rentrer de plein-pied dans le milieu du cinéma du côté des acteurs.

Sanjay Mishra est réellement formidable dans son rôle. Sa transformation physique à l’aide d’une perruque afin de paraître plus jeune est saisissante. De plus, il a réellement tourné des extraits de ses soi-disant films que l’on voit régulièrement dans l’histoire.

Le récit est non seulement très touchant, mais il pose de réelles questions sur la fragilité des acteurs, leur besoin de reconnaissance, et l’impact que leur carrière peut avoir sur leur vie privée, notamment celle de leur famille.

Basé sur des vraies anecdotes, le long métrage est un réel hommage aux comédiens de l’ombre, sans lesquels le cinéma ne pourrait pas exister. Un film à voir sans hésiter, que l’on soit fan de cinéma indien ou non, et qui est non seulement intemporel, mais aussi universel.

Et comme le dit si bien le personnage principal dans sa réplique culte qu’il ne supporte plus : « Je profite de la vie. Cela vous pose un problème ? »

Vous pouvez trouver ci-dessous la petite session de questions-réponses qui a eu lieu entre le réalisateur et le public.


TWINKLE - POWER TO CHANGE

Twinkle - Power to Change - 2018 - Pakistan de Aftab Abbasi
Résumé : Twinkle est la première femme haltérophile du Pakistan à avoir remporté une médaille d’or à l’échelle internationale. Sa célébrité soudaine et son grand succès sont non seulement source d’inspiration au sein de la communauté chrétienne à laquelle Twinkle et sa famille appartiennent, mais servent aussi de levier pour initier un changement de regard sur les femmes et leur rôle social dans une société traditionnellement ancrée dans un patriarcat conservateur.

Avis : Twinkle - Power to Change est le nom de la première athlète Pakistanaise à avoir ramené une médaille d’or d’un championnat du monde à son pays. Une jeune femme d’origine chrétienne en plus. Cette dernière, haltérophile, a eu un impact considérable sur le sport féminin dans le pays et à même poussé des jeunes femmes musulmanes à pratiquer du sport. D’autant que dans sa famille, tous ses frères et sœurs sont sportifs. Ses sœurs ont d’ailleurs remportées, tout comme elle, depuis son premier titre, de nombreuses médailles en haltérophilie. Le court métrage documentaire montre la jeune femme à l’entraînement et lui donne la parole, ainsi qu’à ses sœurs et à d’autres intervenants. C’est une belle lueur d’espoir dans un pays très traditionnel et un personnage à connaître assurément.


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