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Utøya, 22 juillet : La critique

Date : 06 / 12 / 2018 à 11h30
Sources :

Unification


Utøya, 22 juillet est un bon film saisissant sur le massacre des jeunes travaillistes perpétré sur l’île d’Utøya en 2011 par un extrémiste de droite trouvent la politique de son pays, la Norvège, trop laxiste vis-à-vis des étrangers.

L’individu a mis une bombe dans le quartier des affaires d’Oslo avant de se faire passer par un policier envoyé pour protéger les habitants de l’île contre les terroristes.

Le film d’Erik Poppe suis une jeune fille sur l’île se retrouvant prise au milieu de cet événement sanglant ayant vu la mort de 69 personnes et comptant 33 blessés. Le scénario suit l’histoire de plusieurs personnages qui n’ont pas existés et s’inspire de faits réels. Les jeunes acteurs, pour certains non-professionnels, ont été casté avant de savoir le sujet du long métrage, encore vivace dans la mémoire du pays.

Erik Poppe n’émet aucun jugement. Il fait un plan-séquence basé sur son personnage principal qu’il suit pendant les 72 minutes qu’ont duré l’attaque. Son objectif est de présenter l’horreur de la situation et d’y placer le spectateur en plein cœur.

L’effet rendu est optimum. On se glisse dans la peau des diverses personne croisées et notre angoisse augmente au diapason des bruits d’armes à feu, des cris et râles et des feuilles froissés par les foulées plus ou rapides des jeunes gens essayant d’échapper à une menace invisible. Car on ne voit pas grand-chose de ce qui se passe. Une silhouette vêtue de noir apparaît parfois au coin de l’œil. Et une balle répand dans une traînée rouge les espoirs de la personne qu’elle vient de faucher.

L’œuvre est d’autant plus anxiogène qu’elle est tournée en une seule scène et qu’il n’y a pas d’effets spéciaux. Contrairement à un film d’horreur où la musique vient renforcer la sensation de malaise, seul les bruits occupent l’espace sonore. Entre chuchotis refoulés et respiration se taisant à l’écoute d’un craquement, on se retrouve pleinement immergé dans une horreur sans nom.

Ne cherchez donc pas la moindre trace d’humour ou de décalage une fois que la tuerie commence, le récit est d’une grande véracité, à l’instar de la jeune Solveig Koløen Birkeland qui a reçu l’équivalent norvégien du césar du meilleur second rôle dans une apparition très courte, mais restant gravée dans l’esprit. Sans compter la très belle prestation d’Andrea Berntze, l’actrice principale qui est formidable et qui a obtenu le prix de la meilleure actrice.

Il faut donc non seulement souligner le très beau travail technique fait, celui de la mise en scène, du chef opérateur, et du responsable des effets sonores, mais aussi la prestation convaincante des comédiens faisant monter l’angoisse et la terreur à l’aune de ce qu’ils renvoient au spectateur.

Utøya, 22 juillet est un film glaçant. Un récit revenant sur des évènements récents, pour en rappeler avant tout la réalité. Les débats autour du jugement du coupable qui s’est tranquillement rendu et a utilisé son procès pour faire passer sa parole, ayant pollué la mémoire des décédés et fait parfois passer en arrière-plan le traumatisme à vie des survivants.

Cette plongée intense au cœur d’un événement indicible ne laisse assurément pas indifférent. Plongé dans une histoire vraie, racontée sans fioritures, on est tenu en haleine durant les interminables minutes séparant la mort de la vie.

Immersif et perturbant.

SYNOPSIS

Île d’Utøya, Norvège. Le 22 juillet 2011.
Dans un camp d‘été organisé par la Ligue des jeunes travaillistes, un homme de 32 ans ouvre le feu.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

- Durée du film : 1 h 33
- Titre original : Utøya 22. Juli
- Date de sortie : 12/12/2018
- Réalisateur : Erik Poppe
- Scénariste : Anna Bache-Wiig, Siv Rajendram Eliassen
- Interprètes : Andrea Berntzen, Sorosh Sadat, Aleksander Holmen, Solveig Koløen Birkeland, Elli Rhiannon Müller Osbourne
- Photographie : Martin Otterbeck
- Montage : Einar Egeland
- Musique : Wolfgang Plagge
- Costumes : Rikke Simonsen
- Décors : Harald Egede-Nissen
- Producteur : Finn Gjerdrum, Stein B. Kvae pour Paradox Film 7, Paradox
- Distributeur : Potemkine Films

LIENS

- SITE OFFICIEL
- ALLOCINÉ
- IMDB


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