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Takattak Trash : La critique du jeu qui torpille les clichés... ou qui en crée encore plus

Date : 12 / 01 / 2019 à 08h00
Sources :

Unification France


Takattak Trash
Lutter contre les clichés

Description :

"Takattak Trash, c’est le tout nouveau jeu (im)pertinent.

Vous êtes ou avez été victime de « piques » sur votre apparence ou vos idées, vous avez été témoin impuissant·e d’une injustice flagrante, vous êtes partie prenante contre les discriminations ?

Takattak Trash est fait pour vous !

Takattak Trash, c’est un jeu pour s’entraîner à riposter quand vous entendez un commentaire raciste, sexiste, grossophobe ou homophobe. Un jeu pour barrer la route aux clichés. Un jeu pour prendre confiance en soi, s’affirmer et ne plus se laisser faire."

Le visuel de la boîte et son contenu :

La petite boite noire contient :

- 100 cartes Pique
- 4 versions de règles
- 4 cartes Doigt

Le déroulement d’une partie :

À tour de rôle, on pioche une carte Pique en se référant à la consigne couleur, différente pour chaque carte :
- Jaune : Autodérision
- Violet : Pirouette
- Rouge : Insolence
- Vert : Vérité
- Bleu : Compliment
Le premier joueur qui répond correctement gagne la carte.
Une réponse correcte est une réponse drôle, dite avec assurance, considérée correcte par les autres joueurs.
Le joueur ayant le plus de carte en fin de jeu, remporte la partie.

Notez qu’il existe plusieurs variantes du jeu : chrono, intello, dingo crescendo qui modifie le temps de réponse, les consignes couleur, etc... Tout ceci demandant une petite gymnastique intellectuelle supplémentaire.

Le verdict :

Party-Game avant tout, Takattak Trash a pour but premier d’entraîner les gens à répondre aux attaques verbales diverses.
Issu d’un financement participatif et suite d’une série d’autres jeux avec une mécanique similaire (mais avec un thème famille, par exemple), ce jeu belge n’en est pas vraiment un. Il sert en effet de justificatif à l’acquisition de moyens de défense verbaux. Les éditeurs encouragent le jeu entre amis, entre collègues, mais aussi en classe, même dans le cadre d’un nombre de joueurs très important (il a été testé sur un groupe de 500 personnes).

Mais alors, est-ce que cela fonctionne ?

En terme de mécanique, il n’y en a pas vraiment, il faut donc se tourner vers l’ambiance. Les parties peuvent parfaitement bien se passer, dans la bonne humeur et la dérision, avec des échanges d’idées. En effet, chacun peut se retrouver dans une "minorité visible" ou bien avoir envie de la défendre sans en faire partie.

Pourtant, il est dommage qu’une fois encore, cela soit en sens unique.
Je m’explique en détail, car c’est important.

Il est, dans ce jeu, de bon ton de désigner toujours le même bourreau : l’homme, hétérosexuel, blanc, entre deux ages. Pourtant, ce profil est largement montré du doigt, constamment, même dans les médias, sans problème.

On touche donc à la limite de la réflexion du jeu. Cela va peut-être surprendre des gens, mais les hommes eux aussi sont discriminés pour leur sexe (personnellement, je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai été), les hommes blancs aussi sont attaqués sur leur "race", etc...

Certes moins qu’une grosse femme noire, homosexuelle et chômeuse, mais il aurait été une bonne idée d’au moins trouver une carte y faisant référence.

Le cas du sexisme est particulièrement mal tourné. Il y a toute une ribambelle (j’adore ce mot) de cartes qui auraient pu être tourné du point de vue masculin que féminin, avec tout autant de justesse. Cet homme, qui traite sa femme de baleine, n’aurait il pas autant de résonance si c’était une femme qui le traitait de porc, par exemple ?

L’auteure, que j’ai contactée afin de révéler ce fait, m’a indiqué avoir déjà utilisé des cartes tournées en ce sens dans d’autres jeux et que son but était de défendre ceux qui en avaient le plus besoin, dans un cadre réduit de 110 cartes. Soit ... mais je reste sceptique sur l’ensemble tout de même.

Donc, si vous êtes déjà acquis à "la cause", qui n’est plus du tout minoritaire, vous y trouverez votre compte. Si vous avez un peu plus de recul, vous aurez un problème avec la partialité de l’ensemble.

L’idée est bonne tout de même, voir rare et d’utilité publique, je le reconnais volontiers, mais ce "jeu" est bancal. Pourtant, tout n’est pas jeter et il est fort possible que de prochaines productions de l’auteure soient plus intéressantes, tout en étant autant originales.

Fiche technique

Type : Répartie
Format : Boîte de jeu
Auteur(s) : Geneviève Smal
Éditeur : Si-trouille
Design graphique : Mad Cat Studio
Nombre de joueurs : de 1 à beaucoup
Age des joueurs : 14 ans et plus
Durée d’une partie : 30 minutes
Édition Française : Oui
Extensions disponibles : Non
Prix constaté : Moins de 25 euros



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