270 connectés

The Innocents : Review de la première saison

Date : 30 / 08 / 2018 à 14h30
Sources :

Unification


L’été est particulièrement riche pour Netflix avec la mise en ligne de valeurs sûres (Better Call Saul , Orange is the New Black) et de nouvelles créations originales (Désenchantées, Ghoul).

Disponible depuis le 24 août 2018, la création originale The Innocents donne à voir un voyage intime étrangement familier, mais néanmoins captivant, axé sur les thèmes universels de l’Amour, l’altérité, l’identité et la filiation.

En revisitant ces thèmes classiques de la dramaturgie shakespearienne, le show revêt un charme british auquel s’allie une ambiance et un rythme propres aux polars nordiques. D’ailleurs, l’atmosphère grisâtre et mélancolique qui entoure la saison n’est pas sans rappeler les séries Dark et The Rain.

En substance, The innocents repose presque entièrement sur l’alchimie entre deux amants, traitée de manière singulièrement pudique et peu sexualisée. A noter que cette alchimie fonctionne grâce à la complémentarité évidente entre Sorcha Groundsell (June McDaniels) et Percelle Ascott (Harrison Polk). Avec un jeu nuancé et très juste, les deux acteurs parviennent à donner vie à une jeunesse amoureuse, euphorique, insouciante – ou égoiste – et pleine d’espoir, en prise avec une adversité sibylline.

Relecture moderne de Roméo et Juliette, The Innocents rappelle à sa manière la capacité de l’humain à aimer en toutes circonstances. Et de ce sentiment amoureux, il en tire une aptitude à surpasser sa condition physique et ses émotions pour le bien de la personne aimée. En un sens, la série obéit au principe directeur selon lequel tout initiation à l’amour est accompagnée de son lot de sacrifices, de souffrances, de don de soi et de moments de grâces.

Sobre et peu bavard, l’esthétique et le ton de ce slow-burner contemplatif construit son intrigue autour de références fantastiques.

Moteur de l’histoire, le fantastique constitue un moyen pour les showrunners de traiter de la quête d’identité d’une personne de 16 ans, à un moment où le corps et l’esprit se transforme au contact des autres. D’une part, The Innocents aborde donc de manière métaphorique la vulnérabilité des adolescents face à l’influence des personnes qu’ils côtoient. D’autre part, le show se focalise sur la question de l’acceptation de soi et de ce qui est différent de soi. Et pour renforcer son propos sur l’altérité, les showrunners Hania Elkington et Simon Duric, ont soigneusement évités de construire une histoire manichéenne.

A noter qu’en dépit des éléments surnaturels ou fantastiques, la série garde un traitement réaliste afin de mettre en valeurs, soigneusement, les sentiments, les faiblesses et la psyché des personnages. Ce traitement réaliste transparait dans le souci du détail apporté à l’écriture des personnages, ce qui renforce l’immersion. Petit bémol, l’intrigue trop centrée sur les deux amants laissent peu de place à une galerie de personnages charismatiques et attachants.

Malgré quelques maladresses dans le storytelling et l’équilibre entre les personnages, The Innocents comprend une direction artistique et une photographie contemplative véritablement habitées. Le tout est magnifié par une solide soundtrack de Carly Paradis affiliant les influences anglo-saxonnes et scandinaves.

Sans être halluciné comme The OA ou pince sans rire comme End Of the Fxxxx World, The Innocents apporte une belle valeur ajoutée au catalogue de créations originales de Netflix. Par extension, les créations européennes constituent pour la plateforme de véritables atouts face à une concurrence qui commence à fourbir ses armes.

Au regard de la qualité intrinsèque de The Innocents, la commande d’une seconde saison serait amplement méritée et attendue. Elle est même nécessaire dans la mesure où cette première saison n’est que le début d’une belle histoire d’Amour entre June, Harry et le public.

EPISODES

- Episodes : 1.01 – 1.02 – 1.03 – 1.04 – 1.05 – 1.06 – 1.07 – 1.08
- Titres  : The Start of Us – Keep Calm, Come to No Harm – Bubblegum & Bleach – Deborah – Passionate Amateur – Not the Only Freak in Town – Will You Take Me Too ? – Everything. Anything.
- Date de première diffusion : 24/08/2018 (Netflix)
- Réalisateurs : Farren Blackburn (ép 1, ép 2, ép 3, ép 4, , ép 7, ép 8) – Jamie Donoughue (ép 5, ép 6)
- Scénaristes : Hania Elkington (ép 1, ép 3, ép 4, ép 5, ép 7) – Simon Duric (ép 2, ép 5, ép 8) – Stacey Gregg (ép 5)

BANDE ANNONCE



Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


Bojack Horseman : Review saison 5
Iron Fist : Review de la saison 2
Gender Derby : Review de la série
Ozark : Review de la saison 2
Ghoul : La review de la saison 1
Loki / La Sorcière Rouge : Des séries télé pour le service de (...)
Captain Marvel : Plus haut, plus loin, plus vite
Charlie’s Angels : Patrick Stewart au casting du reboot des (...)
Red Sonja : Bryan Singer à la réalisation ?
Bojack Horseman : Review saison 5
Netflix - Bandes annonces : 19 septembre 2018
Albin-Michel : Lancement de la collection Imaginaire
La nonne : La critique
Le dirigeable du Professeur : La critique de l’Escape (...)
Bandes Annonces & Co : 19 septembre 2018