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Westworld : Review 2.04 The Riddle of the Sphinx

Date : 16 / 05 / 2018 à 13h45
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Dans Westworld, il a longtemps été question de Dieu. Les showrunners ont estimé qu’il était grand temps d’évoquer le diable, ses tentations et les sacrifices qu’exigent ses offrandes.

Plus long qu’à l’accoutumé (1h15) et réalisé par Lisa Joy, ce quatrième épisode lève le voile sur un des grands mystères de Westworld. Celui autour duquel gravite l’essentiel des intrigues.

Parmi la galerie de personnages du show, William et Bernard détiennent des précieuses vérités inhérentes aux coulisses du parc Westworld. En ce sens, l’épisode insistera sur ces deux personnages qui n’auront de cesse de " regarder en arrière ", dans des parties enfouies de leurs mémoires, pour mieux avancer dans leur quête respective.

D’un côté, l’ancien bras droit de Ford, Bernard s’efforce de rassembler ses souvenirs fragmentés, pour comprendre la machination entre Ford et DELOS. Conscient d’avoir été une marionnette, il tente de retrouver les informations lui permettant d’agir, et non de subir les évènements du parc. Cela constituerait pour lui une façon de construire sa liberté et sa propre conscience. Au travers d’un montage très habile, l’épisode montre alors que la temporalité des évènements se resserre et se clarifie à mesure que la conscience de Bernard s’éveille. Pour l’épauler dans sa quête, il bénéficiera d’une aide, humaine, bienvenue et rafraichissante. A noter que la grande épreuve qu’il aura à subir dans la saison sera d’éloigner l’emprise de l’ancienne version de Bernard, donc Ford, sur sa conscience.

D’un autre côté, les souvenirs de William renferment " sa grande erreur " qui est à l’origine des enjeux de la saison, voire de la série. En effet, des décennies durant, William œuvre, en vain, pour la construction de robots pouvant accueillir, sans rejet, un codage de la " conscience " humaine. Ici, la dénomination d’ " hôtes " prend tout son sens. Ainsi, comme le laissait supposer l’épisode 2, " Réunion ", Westworld emprunte bel et bien la voie risquée de la fantasmagorie SF classique : le transhumanisme.

Au moyen d’une narration sophistiquée - mention spéciale à Peter Mullan - Westworld embrasse intelligemment les thématiques magnifiques, mais néanmoins complexes, du manga Ghost in the shell et du roman Altered Carbon.

A l’instar de la première énigme formulée par le sphinx à Œdipe, l’intrigue maitresse de Westworld semble donc s’articuler autour de la condition humaine.

Et parmi les conditions qui définissent l’homme, outre le libre-arbitre, la mortalité est fondamentale. Cette condition, est, en quelque sorte, une limite, a priori insurmontable, imposées à l’être humain. Cette limite constituerait donc aussi bien un défi qu’un interdit. Essayer de s’en affranchir reviendrait à tenter le diable avec toutes les conséquences et les sacrifices que cela implique.

A noter que dans la culture littéraire et cinématographique, la mort trace la frontière de l’humain et du " non-humain ". Et cette idée n’est pas sans rappeler la vision de l’homme Dolores/Wyatt.

Comme l’expliquait Dolores/Wyatt dans l’épisode 3, l’homme est une créature belle et fragile, qui " lutte pour sa survie ". A ses yeux, l’éphémère existence humaine diffère de la condition des " hôtes ", créatures immuables dans le temps. Depuis son éveil, Dolores/Wyatt prend conscience qu’elle ne peut-être à la fois la prochaine évolution de l’homme et une créature intelligente " non humaine ". Ce qui expliquerait peut-être qu’elle ne voit le salut de son espèce qu’à travers l’extinction de l’espèce humaine.

Tragiquement, William à travers son projet éthiquement diabolique, cherche peut-être tout simplement le moyen de se rapprocher de Dolores.

Les premiers épisodes laissaient entendre que la motivation de William relevait purement du business : offrir une forme d’immortalité à ceux qui peuvent l’acheter. Néanmoins, le second grand twist de l’épisode indique, implicitement, que ce sont les blessures intimes de l’homme en noir, vécu dans sa jeunesse, qui fonde son projet, hourdi dans le dos de Webber et Ford. Il est suggéré en effet que l’amour qu’il éprouve pour Dolores et les évènements tragiques touchant sa famille, lui souffle l’idée folle d’abattre les frontières qui séparent les hommes des robots. Les confirmations ou les infirmations viendront sans doute dans la seconde moitié de la saison.

Finalement, l’épisode renouvelle d’une façon très habile la question phare de Westworld : " Qui est William, l’homme en noir ? ".

En filigrane, la saison ouvre l’hypothèse que William (Jimmy Simpson/Ed Harris) n’est finalement pas très éloigné de l’homme en noir (Yul Brynner) errant dans le Mondwest de Crichton. En outre, Dans ce cadre, et bien que le lien soit moins évident, les motivations, les doutes et l’errance de William, semblent le rapprocher des caractéristiques du Docteur Von Frankenstein de Marie Shelley.

A travers son projet, William est-il un homme en quête de rédemption et/ou de punition ? La fameuse porte qui achèverait la quête de William renferme, peut-être, un châtiment rédempteur.

Vivement les prochains épisodes qui viendront éclairer les nombreuses interrogations et hypothèses générées par les dernières révélations.

EPISODE

- Episodes : 2.04
- Titre  : The Riddle of the Sphinx
- Date de première diffusion : 14/05/2018 (HBO) – 15/05/2018 (OCS)
- Réalisatrice : Lisa Joy
- Scénaristes : Gina Atwater & Jonathan Nolan

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