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Westworld : Review 2.01 Journey into Night

Date : 25 / 04 / 2018 à 14h30
Sources :

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Avant toute chose, il y a lieu d’indiquer que cette review se destine particulièrement aux lecteurs ayant achevé la première saison de Westworld et, autant que faire se peut, ayant vu le premier épisode de la saison 2.

Ce 23 avril 2018, l’attente est terminée. La saison qui amorce le " crépuscule " du parc Westworld est enfin lancée par HBO aux Etats-Unis, avec une diffusion simultanée par OCS en France.

Avec une première saison magistrale, cette adaptation du classique cinématographique Mondwest n’usurpe pas son statut de successeur de Game of Thrones. En effet, en s’appropriant les codes de la culture SF tout en citant Shakespeare, les showrunners Jonathan Nolan et Lisa Joy mettent en image, avec beaucoup de maestria, une histoire qui relève du fantasme de la culture pop : l’éveil et le soulèvement des machines. Ces derniers sont aux fondements même des évènements racontés dans des monuments de la SF comme The Matrix ou The Terminator. D’ailleurs, Dolores associe son éveil et sa révolution à " l’heure du jugement ".

Bien évidemment, tout l’enjeu de cette nouvelle saison pour les showrunners, sera d’offrir un show d’une qualité au moins égale à la première saison, sans tomber dans la surenchère ou la facilité, avec l’effet de surprise en moins.

Sans tuer le suspens, le premier épisode de cette nouvelle saison s’inscrit dans la lignée de ses ainés, tant au fond que dans la forme : photographie magnifique et propos dense, complexe et elliptique à souhait.

Doté d’un titre évocateur, Journey into night / Voyage dans le crépuscule , ce premier épisode livre déjà de précieux indices sur les principaux enjeux qui se jouent dans le(s) parcs et à l’extérieur de ceux-ci.

A l’intérieur du parc Westworld, in game donc, le soulèvement des machines est une part essentielle du nouveau scénario de Robert Ford. Autrement dit, Journey into night est intimement lié à The Maze / le labyrinthe, qualifiée de quête " principale " par William, l’Homme en noir.

Sorte de mise en abime de la part des showrunners, Robert Ford offre, à travers Journey into night un prolongement logique, une saison 2, au " The Maze " de son binôme Arnold Weber.

En effet, comprenant le caractère inéluctable de l’éveil des hôtes au terme de The Maze, Ford en anticipe les conséquences violentes pour développer un scénario où se mêlent souffle révolutionnaire et anarchie. Par ailleurs, si The Maze était exclusivement destiné aux hôtes, Journey into Night ouvre la quête principale aux joueurs humains, en particulier le hardcore gamer William. De plus, en contournant la loi interdisant aux robots de tuer les humains, Ford met l’hôte sur un même pied d’égalité que l’homme, et les pousse à atteindre le même but : survivre à la nuit de chaos dans lequel Westworld est plongé en trouvant une échappatoire, une porte de sortie. Sans nul doute que les prochains épisodes mettront en image comment chaque protagoniste atteindra la ou les « portes » de sorties.

Finalement, l’image d’un Ford souffrant du complexe de Dieu et se jouant aussi bien des humains que des hôtes, est toujours prégnante. A noter que son sort est a priori scellé.
En outre, ce premier épisode livre aussi les premiers éléments inhérents aux enjeux qui se jouent à l’extérieur du parc.

Durant la saison précédente, la partie immergée de l’intrigue tournait autour de l’affrontement entre Ford et la société DELOS de William. L’intrigue autour des agissements de ladite société constituera clairement la partie la plus intrigante et surement le principal moteur de cette deuxième saison. Cette partie est d’ailleurs générateurs de l’apparition de nouveaux protagonistes du show aux auras, pour l’instant, assez lugubres.

A noter que Jonathan Nolan a tenu à préciser que les agissements de la société DELOS ne se limitent pas aux seuls intérêts qu’elle tire de l’exploitation des 6 parcs, dont fait partie Westworld. En ce sens, il y a fort à parier que le développement de l’intelligence des robots, à travers le programme " rêveries " d’Arnold et Robert, intéresse au plus haut point DELOS. Dans cette hypothèse, la campagne Journey into night vise aussi à créer les facteurs propices à l’échec des agissements de DELOS.

Gardant le même rythme et la densité des épisodes précédents, le premier épisode de cette nouvelle saison est à bien des égards une excellente introduction. D’une part, il clarifie et oriente intelligemment les enjeux de la première saison dont les conséquences fondent clairement les nombreuses intrigues qui se dévoilent. D’autre part, il ouvre de nouveaux horizons qui apportent à la fois de véritables réponses et de nouvelles questions. Le tout est savamment distillé à travers différentes timelines entremêlées. Et seule certitude sur la timeline, la partie majeure de l’intrigue semble s’étaler sur les 15 jours qui suivent le final de la saison 1.

A noter qu’à l’instar de Game of Thrones, les showrunners renforcent la dimension " chorale " de Westworld en ouvrant autant de sous-intrigues que de personnages et d’alliances de circonstances. Cette multiplicité d’intrigues va surement grever l’intelligibilité du show, tout en densifiant sa dimension entertainment. Néanmoins, à l’instar de ce premier épisode, un juste équilibre semble avoir été trouvé par l’équipe créative.

Vivement dimanche prochain pour l’épisode 2 : Reunion.

EPISODE

- Episode : 2.01
- Titre  : Journey into Night
- Date de première diffusion : 22/04/2018 (HBO) – 23/04/2018 (OCS)
- Réalisateur : Richard J. Lewis
- Scénaristes : Lisa Joy & Robert Patino

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