360 connectés

Bitch Planet : La critique du tome 2

Date : 05 / 04 / 2018 à 08h30
Sources :

Unification France


Bitch Planet
Volume 2 : President bitch

  • Scénario : Kelly Sue DeConnick
  • Dessin : Valentine De Landro
  • Editeur : Glénat
  • Collection : Comics
  • Genres : Science-fiction
  • Date de sortie : 31 mai 2017
  • Nombre de pages : 144
  • ISBN : 978-2-344-01873-6
  • Format : 185 x 283 mm
  • Prix : 16.95 €

Lire un extrait

Enchaînée par la loi. Tombée pour la Justice.

Dans le futur, le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté sont envoyées manu-militari dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison spatiale tournant en orbite autour de la Terre et répondant au doux nom de… BITCH PLANET ! Alors que les « bitches » doivent tout juste se remettre de la mort de Meiko, leur arme secrète lors du match de Mégaton, une enquête est lancée pour élucider son passé. Comment cette jeune ingénieure prometteuse a-t-elle pu basculer et devenir une véritable tueuse ?

Dans la grande tradition des récits de SF engagés, Bitch Planet questionne sur les dérives du monde moderne, et notamment la place des femmes dans notre société. Un coup de poing narratif et graphique orchestré par Kelly Sue DeConnick et Valentine De Landro.

Décryptage

Arrivé malheureusement trop tard, le père de Meiko, incarcérée sur Bitch Planet, débarque sur la colonie pénitentiaire dans l’espoir d’y revoir sa fille mais surtout avec la lourde tâche d’y construire une arène en un temps record. Maki va apprendre par hasard que sa fille et morte et de là tout va basculer dans le chaos.

Intelligemment, la BD débute par une première page de texte qui explique ce qu’il s’est passé précédemment, dans le tome 1. Le décor est posé, pas besoin d’ouvrir le tome précédent avant d’entamer celui-ci pour se souvenir. Par contre la seconde page est une mise en garde qui concerne le premier chapitre relatant l’agression sexuelle de Meiko alors qu’elle n’était qu’une enfant. L’avertissement est donné, le ton aussi, la lecture peut commencer dans une ambiance inquiétante et pesante alors que se tournent les pages. Mais ce moment n’arrive jamais remplacer par un autre moment de violence. C’est étonnant une fois de plus, cette montée en tension. Mais cette histoire d’origine nous permet de nous replonger dans le contexte de l’Histoire (celle avec un grand H), de cette société dystopique d’avant la dérive de la prison et de la résistance que prône cette famille, chacun y allant de sa petite touche personnelle.

Ce second volet est aussi bon que le précédent, malgré une ambiance lourde, violente et glauque. De nombreuses révélations sont faites dans ce tome, la jeunesse de Meiko, les leçons de violon (et de mathématique) et ce qui a fait qu’elle se retrouve emprisonnée, l’histoire de Kam qui s’étoffe et prend un nouveau tour (la raison de sa présence), la présence d’Eleanore Doane, l’ex présidente dans la prison. On retrouve avec un plaisir coupable ce monde où les femmes trop revendicatrices sont envoyées en prison à l’autre bout de la galaxie. Dans le contexte actuel de prise de conscience et de réveil des foules sur la place de la femme dans la société, harcèlement sexuel, agression sexuelle, viol ou encore les inégalités de salaire hommes/femmes, cette BD fait l’effet d’un coup de poing en présentant une société ultra machiste, moyenâgeuse exagérée au plus haut point mais finalement pas tant que ça. Les personnages féminins sont des gueules de cinéma, hautes en couleur et passionnantes à suivre, qui résistent, se rebellent et se battent pour leurs droits. C’est pensé et dessiné comme un film de Tarantino avec la violence graphique bien présente. Comme dans le tome précédent, des publicités ou conseils féminins hilarants ponctuent les chapitres.

Une nouvelle pépite indéniable dans la bibliothèque Glénat Comics, une BD intelligente, subtile, satirique, provocatrice et militante sous couvert de récit de science-fiction, elle nous remet en pleine face notre propre société. L’éditeur nous régale de ses titres où les personnages féminins ne sont pas là pour faire de la figuration et ça nous change un peu...


Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


Metal Gear Solid - Projet Rex : La critique
La forme de l’eau : La critique du roman
Harrow County : La critique du tome 3
Dark Museum : La critique du tome 2
Orcs & Gobelins : La critique du tome 2
Univers Cinématographique Marvel : La Phase 4 aura de nouveaux (...)
Deadpool 2 : L’affiche licorne et la vidéo pour (...)
Avatar : Une saga familiale comme Le Parrain
The Crossing : Review 1.04 The Face of Oblivion
Ash vs Evil Dead : La série annulée à l’issue de la saison (...)
Cornélius le meunier hurlant : La critique
Wonder [DVD / Blu-Ray] : La critique
Metal Gear Solid - Projet Rex : La critique
Zombie Tsunami : La critique du jeu de plateau
Bandes Annonces & Co : 26 avril 2018