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[Soirée] Jane : La rencontre avec Jane Goodall

Date : 11 / 03 / 2018 à 08h30
Sources :

Unification


À l’issue de la projection du film Jane, Jane Goodall est venue répondre aux questions du public.

Le National Géographique existe depuis 130 ans. 27 % des profits réalisés sont reversés à National Geographic (à but non-lucratif) pour financer des missions recherche et d’éducation. Le film est nominé au Bafta. Il sera diffusé sur la chaîne le 13 mars à 20h45.

En fin de projection, la bande annonce teaser du prochain film de Ian Arthus Bertrand, Woman, a été montrée. Il y aura une petite interview de Jane Goodall sur les femmes dans ce long métrage à venir pour fin 2018.

Introduction de Jane Goodall :

Il y a 80 à 110 000 singes vivants en liberté dans la nature. Ce nombre diminue chaque année.

J’ai deux choses à dire avant que vous ne voyez le film.

1 : les images ont été filmées par mon ex-mari au début des années 60, avant l’ère numérique. Il a été fait avec du celluloïd. Il fallait enfiler les bobines dans le projecteur et le faire devant le singe. Pour ce faire, il fallait mettre la pellicule dans la caméra dans un grand sac noir pour que cette dernière ne prenne pas la lumière.

Ces images d’archives ont été oubliées dans les archives National Geographic. Car ils ne montraient que ce que eux décidaient diffuser.

Hugo était un perfectionniste. Presque tous ses plans sont parfaits. Il a eu beaucoup de récompenses à titre posthume pour son travail, car c’est un grand directeur de la photographie et un grand documentariste reconnu.

2 : on a trouvé les bobines dans des boîtes sans étiquetage et sans label. Il y avait 140 heures de rush. Quand le National Geographic a proposé le documentaire au réalisateur Brett Morgen, ce dernier a dit « Encore un film sur Jane Goodall et des singes ? Non, cela ne m’intéresse pas. »

Quand il a vu des images, il est devenu accro devant leur qualité et a mis 4 ans à le monter.

Le National Geographic m’a approché à mon tour et m’a proposé de faire ce documentaire et j’ai dit « Encore un autre documentaire sur Jane Goodall et des singes. Non, je ne suis pas intéressée. »

Et là, l’Institut Jane Goodall m’a dit : « On a besoin de lever des fonds ! » Et les 3 heures d’interviews sont devenues 3 jours de travail.

Ce documentaire, plus que tous les autres qui ont été faits sur moi, me ramène au cœur de ma vie, quand j’étais plus jeune. Et je me suis sentie projetée là-bas.

Pourquoi votre programme s’appelle les racines et les jeunes pousses (Roots and Shoots) ?

Quand on voit un arbre, on ne voit pas la graine et les jeunes pousses qui donnent ce dernier. Mais les racines poussent les pierres et détruisent les murs. Il faut avoir une action à la fois sociétale et sur la nature.

Ce programme a été créé avec des milliers de jeunes gens qui adhèrent au projet. Cela a pour but de traverser les murs et de permettre de vivre dans un monde meilleur.

100 pays ont développé ce type de programme. Il y a 100 000 projets qui sont très divers : création d’un jardin, aide à des personnes, lutte pour la protection animale, lutte pour l’environnement. On peut les mettre en place à l’école, à l’’université. Il y a divers niveaux.

Je voyage 300 jours par an et parle partout d’espoir. Quel est-il si le compte à rebours est là et qu’on ne fait rien ?

Tout le monde comprend les problèmes liés à la pollution, au changement climatique, à la déforestation, au réchauffement de la mer... On a vraiment endommagé cette planète.

Beaucoup des scientifiques disent que c’est trop tard pour faire changer les choses et que l’homme exterminera toute vie sur cette planète. (nous sommes en pleine sixième extinction de masse des espèces, nda)

Je pense qu’il existe une petite fenêtre temporelle, mais qu’il faut agir maintenant. Nous devons faire des actions maintenant. Pas les politiciens, pas les entreprises, mais nous, habitants de la Terre. Nous devons faire des petites choses pour amener des touches d’espoir, pour pouvoir dormir mieux.

Que peut-on faire maintenant ?

Notre Institut a besoin de dons, car on vit de dons. Nous vendons aussi des petites peluches. Ce n’est pas grand-chose, mais cela aide à sauver et à préserver la planète.

Cela dépend de chacun de nous. On fait des petits choix tout le temps : ce que nous achetons, mangeons, portons sur nous. La façon dont nous interagissant entre nous...

Si 1 000, 1 million, 1 milliard de personnes font des choix différents. Si nous sommes tous à vouloir quelque chose de différent, alors les patrons et les entreprises devront faire ce que l’on veut.

Combien il y a de chimpanzés ?

200 000 à 250 000 dans le monde.

Comment les gens sur place en Afrique ont réagi en vous voyant arriver et étudier les singes ?

À l’époque, la Tanzanie était sous administration britannique. Ils m’ont imposé d’y aller avec quelqu’un, et ma mère a décidé de m’accompagner.

Au départ, ma mère était un chaperon et j’avais 2 guides africains. Mais ils n’avaient pas envie de se lever à 5h30 tous les jours et de passer toute la journée dehors jusqu’à la nuit, et très vite, ils ont abandonné ma surveillance et j’ai pu travailler seule.

Quel était l’intérêt des habitants locaux ?

Quand ils m’ont vu, ils ont trouvé que c’était une très bonne idée. Mais l’administration britannique posait problème.

À l’époque, il n’y a pas de tuerie de chimpanzés. Ils entraînaient une fascination. Les populations locales étaient très heureuses de mon arrivée.

Et ma mère a permis de nous faire accepter par les personnes, car elle a ouvert une clinique gratuite pour soigner les malades.

Qu’est devenue Fifi ?

Elle a vécu jusqu’à 50 ans. Elle a eu 6 enfants et ses petits mâles sont tous devenus des dominants. Donc c’est une famille puissante.

Est-ce que votre programme les racines et les jeunes pousses est introduit au niveau de l’Education Nationale ? Et est-ce que nos enfants peuvent en bénéficier ?

Il faut en parler aux enfants pour savoir quel projet les intéresse. Il faut en parler, se retrousser les manches et le faire. L’Institut fait des formations qui s’adressent aux professeurs et aux personnes intéressées.

Qu’est-ce que vous avez appris de Flo ?

Ce que les singes nous ont appris... J’ai finalement été à l’Université de Cambridge pour faire des études, et ce qu’on nous disait sur les animaux était faux. Je l’avais appris avant, grâce à mon chien. Maintenant, les animaux sont reconnus comme des êtres vivants à part entière.

J’ai aussi appris à quel point nous étions différents. Les chimpanzés ne peuvent pas faire ce qu’on a fait, aller sur la lune, construire des robots, aller sur mars. Nous avons acquis le langage. C’est une énorme différence, car il y a eu une explosion de l’intellect chez l’homme.

La chose la plus étonnante, c’est que la créature la plus intelligente est celle qui est en train de détruire son propre habitat, car on se trouve sur terre et pas sur mars.

Il semble que nous soyons déconnectés entre la puissance de notre intellect et notre cœur. Nous pensons biens matériels, mais ne pensons pas comment « ce que je fais affecte les prochaines générations ! ».

Jane est un formidable documentaire sur une grande dame, et une merveilleuse ode à la nature. Vous pouvez en retrouver la critique ICI.

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