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Death Note : La review du film Netflix

Date : 28 / 08 / 2017 à 14h00
Sources :

Unification


Avec cette adaptation en live américanisée d’un des plus grands mangas jamais créés, Netflix continue de grossir son catalogue de titres exclusifs ayant le potentiel d’attirer un public de plus en plus large.

Plusieurs années encore après sa création, le manga Death Note et son adaptation animée (très réussie par ailleurs) continue de fasciner, à tel point qu’on peut aujourd’hui le considérer comme une oeuvre culte. Pour rappel, Death Note est centré sur un adolescent qui a la capacité de tuer des gens dont il connaît le visage en écrivant leur nom dans un cahier, le Death Note. Forcément, malgré des adaptations live japonaises assez moyennes, il fallait bien que les Américains finissent par l’adapter, après des années de tergiversations qui auront vu notamment Gus Van Sant annoncé à un moment au poste de réalisateur.

Finalement, c’est le cinéaste Adam Wingard , spécialisé dans le cinéma d’horreur (You’re Next, BlairWitch 2016) qui a pris les rênes du projet. L’horreur est effectivement un aspect de cette adaptation qui prend une place non-négligeable à travers des scènes de mort graphique assez gores. On retrouve donc les grandes lignes qui composent la trame du manga, avec tout de même des changements assez radicaux pas toujours de très bons goûts, surtout pour les fans de l’œuvre originelle. En même temps, résumer un manga de 12 volumes obligeait forcément à faire des choix narratifs et formels qui allaient indubitablement diviser.

En premier lieu, le choix de Nat Wolff dans le rôle Light, le détenteur du Death Note a du mal à convaincre. Alors que dans le manga, ce dernier était un ado surdoué dangereusement charismatique et machiavélique, nous avons ici un ado moyen, parfois remarquablement génial et faisant tout d’un coup preuve d’une intelligence un peu trop surprenante pour qu’on y croit. On pourrait même aller plus loin en évoquant les cris aigus qu’il pousse lors de sa première rencontre avec Ryuk le Dieu de la Mort, donnant de lui l’image d’un pleutre dont aura du mal à se détacher.

Mia interprétée par Margaret Qualley est le grand amour (et non pas sa plus grande fan) de Light prenant ainsi intelligemment le contre-pied du manga avec un personnage féminin retors qui arrive à tenir la dragée haute au possesseur du cahier sans pour autant être superficielle.

En face de ce duo diabolique, nous avons L le meilleur détective au monde, interprété par Lakeith Stanfield, dont l’interprétation remarquable arrive très vite à faire oublier la couleur de peau : il est très certainement l’un des points forts de cette adaptation.

Pour finir sur les points positifs, il faut avouer que Ryuk est très bien fait et que de manière générale lorsque l’iconographie du manga originelle est reprise, elle est remarquablement bien reproduite.

Cela est-il suffisant pour faire de cette adaptation de Death Note un bon film ? Hélas non. Ce n’ est pas tant américanisation (le White-washing diront les plus virulents) du contexte du récit qui dérange le plus, mais plutôt la façon plutôt maladroite d’enchaîner les scènes sans laisser de respiration permettant au spectateur de digérer les nombreuses informations qui jalonnent le récit. L’utilisation du cahier nécessite la connaissance de diverses règles qui apportent une grande subtilité dans son utilisation et qui sont balancées au spectateur de manière trop rapide. Le manga laissait aux spectateurs le temps de savourer les effets dévastateurs du cahier et le machiavélisme diabolique de son propriétaire. Avec sa mise en scène grandiloquente, la portée philosophique du concept parvenait à faire réfléchir le spectateur tout en lui proposant un plaisir coupable inédit.

Le film ne parvient malheureusement pas à atteindre la portée universelle du récit originel et ne reste qu’anecdotique dans sa manière de montrer les morts choisis par Light. Elles ont beau être affreusement trash, un sentiment de dégoût prend le dessus sur l’appréciation de la cruauté de Light dans sa quête de justice : tout le message sur le bien et le mal se trouve dilué, vidant alors le film de sa substance.

On tiquera également sur la façon dont est montrée l’enquête menée par L, n’arrivant pas à créer une véritable tension dans le jeu du chat et de la souris qui se met en place entre Light et lui.

Le film se laisse donc regarder sans véritable enthousiasme avec l’espoir qu’un coup de théâtre d’envergure vienne nous surprendre, ce qui n’arrivera malheureusement pas.

À vrai dire, concernant votre humble rédacteur, cette adaptation n’aura eu que pour seul effet de me donner envie de revoir le manga original que je n’ai pas vu depuis plusieurs années maintenant. Peut-être donnera t-elle envie à un nouveau public de découvrir une œuvre magistrale qui engendrera sans doute encore d’autres adaptations. Espérons juste que celles-ci se montrent beaucoup plus satisfaisantes que celle qui vient de nous être proposée par Netflix.

SYNOPSIS

Un étudiant trouve accidentellement un Death Note. Il suffit d’écrire le nom de la personne à châtier et d’avoir en tête son visage pour que cette dernière meure d’une crise cardiaque.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE FILM

- Durée du film : 1 h 41
- Titre original : Death Note
- Réalisateur : Adam Wingard
- Scénaristes : Charley Parlapanides, Vias Parlapanides, Jeremy Slater d’arpès l’oeuvre de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata
- Interprètes : Nat Wolff, Margaret Qualley, Lakeith Stanfield, Paul Nakauchi, Shea Whigham
- Photographie : David Tattersall
- Musique : Atticus Ross, Leopold Ross
- Montage : Louis Cioffi
- Décors : Zoe Jirik
- Costumes : Emma Potter
- Producteur : Roy Lee, Dan Lin, Jason Hoffs et Masi Oka pour Lin Pictures et Vertigo Entertainment
- Distributeur : Netflix, Netflix France

LIENS

- ALLOCINÉ
- IMDB

PORTFOLIO

Netflix's Death Note



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