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Au coeur de l’océan : Ron Howard - La rencontre

Date : 04 / 12 / 2015 à 12h30
Sources :

Unification


A l’occasion de la sortie en salle le 9 décembre 2015 de Au cœur de l’océan, nous avons pu rencontrer Ron Howard qui a répondu à diverses questions sur son film.

Vous pouvez retrouver la rencontre filmée en fin d’article.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce film ?

Il y a le fait que le scénario soit tiré d’une histoire réelle. Je respecte le roman et ai été fasciné par les films qui ont en été adapté.
En fait, c’est entre autre le livre de Moby dick qui est mythique qui m’a poussé à faire le film. En plus, c’est aussi une histoire d’homme.

J’ai toujours été fasciné par les drames. Il y a quelques chose de terrifiant dans le mystère.
J’ai toujours eu peur de l’océan. Quand j’étais un petit garçon, j’étais un enfant acteur. En 1966, j’avais 8 ans et dans un épisode d’une série télévisée dans laquelle j’avais un rôle, j’ai du sauter dans l’océan. Je savais nager, mais ne l’avais jamais fait dans un océan. J’étais terrifié. Sous l’eau je voyais les bulles et l’eau bleue qui était partout. Et quand j’ai émergé, je criais papa, papa ! Heureusement mon personnage avait un père dans la série, donc c’est passé.
Et puis une heure après avoir nagé, il y a beaucoup d’excitation car il y a eu un grand requin qui a été pêché à coté de l’endroit ou j’avais tourné la scène et j’ai été terrifié à nouveau.
Maintenant cela va un peu mieux.

Dans le film Splash que j’ai fait dans les années 80, j’ai dû apprendre la plongée et cela m’a permit de dépasser ma peur.
Depuis, j’ai tourné plusieurs films dans lesquels il y a l’océan mais je ne l’aime toujours pas vraiment.

Après Cocoon, en 1983 j’ai eu envie de faire un film sur Greenpeace et le Rainbow Warrior qui se passerait entièrement sur la mer mais je n’ai pas obtenu de financement pour le réaliser.

Puis j’ai eu envie de faire un film sur le 19ème siècle et la mer, mais le projet était trop cher, trop couteux et il a donc disparu.
Chris Hemsworth a été me voir avec le synopsis et l’histoire d’Au cœur de l’océan. Je me suis rendu compte que le film avait les valeurs des deux films que je n’avais pas fait et en plus, grâce à Chris, j’avais aussi le personnage principal !

Quelle est la personnalité du personnage incarné par Chris Hemsworth ?

C’est la transformation de l’homme qui m’intéresse. Il est orgueilleux et c’est cette confrontation avec la baleine qui le fait se sentir insignifiant et cela permet de le rééquilibrer.
Nous avons collaboré tous les deux pour faire un beau film.

Je comprends l’ambition et la frustration et le fait que l’on essaye de dépasser les préjugés.
Lorsque j’étais enfant, je voulais être réalisateur et les gens autour de moi trouvaient cela mignon. Ils me disaient « A 30-35 ans, peut-être que tu pourrais le devenir, mais pas à 18 ans ». Mais j’ai grandit.

Au cœur de l’océan est l’un des films les plus compliqué que j’ai fait. Plus qu’Appolo 13 et Backdraft. C’est une combinaison de challenges techniques et logistiques mais aussi il faut mélanger cela avec l’histoire même.
J’étais très intéressé par tout cela et tous les jours, j’avais d’énormes problèmes à résoudre. Et il y a eu 78 jours de tournage.

Melville n’a pas rencontré le personnage qui lui raconte son histoire dans le film. Pourquoi faire un tel face à face ?

Cette décision a été faite avant que je sois impliqué dans le projet. Mais j’étais d’accord avec le scénariste que le film devait être une fiction.
En réalité, Melville découvre cette histoire d’une façon difficile puis rencontre par la suite le fils d’Owen Chase.
Il a réécrit plusieurs fois Moby Dick et s’est inspiré de l’histoire de l’Essex grâce au livre d’Owen Chase. Cela a été un procédé très long.
Le fait de faire rencontrer les deux personnages est une facilité dramatique pour créer le film et planter le décor.
C’est aussi une façon simple de présenter les personnages.
Il faut créer une fiction. Dans un film on reflète la vérité.
Par exemple Peter Morgan, explique que dans Nixon, la séquence du coup de fil la nuit n’a pas existé mais qu’il s’agit d’un effet dramatique.
Dans le film Rush, il n’y aurait jamais dû y avoir de conversation entre les deux personnages principaux.
C’est ces éléments de fiction qui permettent de s’exprimer dans un film.

Avec ce 2ème film dramatique, après Rush, je me rends compte que Chris Hemsworth est un bon acteur. Quel est votre relation avec lui ? Comment ce passe le travail entre vous ? Allez-vous lui proposer un 3ème rôle ?

Je n’ai rien de prévu, mais j’adorerais retravailler avec lui. Il voulait un rôle dans Rush et il a passé une audition qu’il a créé lui-même et m’a envoyé.
Il a beaucoup travaillé sur le langage du corps et sur son accent. Il a créé des dialogues dans sa chambre hôtel sur le tournage d’Avengers.
C’est un personnage différent, pas forcément sexy ou jouant de son corps, mais intéressant à interpréter.
Je voulais l’inclure dans mon film car son personnage était très construit.

Quel est son atout ?

C’est un acteur qui est capable de tout faire. Son atout majeur est le charisme et sa présence à l’écran. Il a un grand appétit pour le travail et donne le meilleur de lui même dans tous les genres de films.

Quelles ont été vos recherches autour du film ?

J’ai visité des musées dont un à Nantucket. Nous y avons trouvé beaucoup d’information sur la vie à bord des baleiniers. Nous avons aussi vu des films muets des années 20 sur la chasse à la baleine. De plus, nous avons visité plusieurs sites dont une manufacture.
C’était, avec l’agriculture, la première économie de l’île à cette époque.
C’était des recherches fascinantes.
Maintenant, nous avons un nouveau modèle de compréhension des baleines. A l’époque, il y avait un dilemme moral sur les attaques de baleines qui étaient parfois considérées comme une punition.

Pourquoi ce choix de format pour le tournage, et pas l’utilisation du format cinémascope ?

Nous avons voulu tourner avec un format carré mais les studios ont dit non. C’est à cause du bateau qui était trop grand. Nous avons donc choisit le format le plus adéquat.

Quels étaient votre plus grand défit en temps que réalisateur ? L’espace limité à bord du bateau, le monstre en images de synthèse ?

La moitié du film est tourné sur l’océan.
Nous avons aussi filmé dans l’océan. Mais nous ne pouvions pas filmer tout dans un seul endroit. Et il y avait, pour des raisons de sécurité, certaines cascades qui n’étaient pas possibles en pleine mer.
Nous devions tourner sur une plage. Nous avons eu le droit d’aller sur cette plage mais pas dans la mer.
Chris est un surfeur. Il ne trouvait pas cela dangereux et voulait y aller, mais il n’en avait pas le droit. Puis il y a été tout seul avec un cadreur sous-marin malgré l’interdiction et a fait les images sous-marines. Je lui dois des remerciements pour son courage.

Comment avez-vous géré la grosse perte de poids de vos protagonistes ?

C’est très difficile et cher de montrer un amaigrissement en infographie. En plus cela ne rend pas un effet authentique.
J’ai demandé aux acteurs de perdre du poids, ce qui leur a demandé une grande implication.
Un nutritionniste a aidé les comédiens à perdre du poids et leur a servi de coach.
J’ai aussi demandé à Tom Hanks de m’aider car il a perdu plusieurs fois du poids pour ses films. La première fois, il l’a fait tout seul et à eu des problèmes de santé et ensuite il l’a fait avec un nutritionniste.

Pourquoi la baleine n’est pas entièrement blanche ?

Ce n’est pas la baleine qui a coulé l’Essex. Melville a crée une baleine mythique.
Or, nous avons découvert que les vieilles baleines ont un problème de peau qu’elles perdent en vieillissant et ainsi elles blanchissent.
On a essayé d’aller vers le mythe tout en restant réaliste. C’était un compromis entre la vérité et l’apparence cool et sympa de la baleine blanche.

La lumière est très importante dans le film. Comment avez-vous choisi le chef opérateur ?

Nous avions travaillé ensemble sur Rush et étions psychologiquement en phase.
J’aimais son travail et je voulais que la photographie reflète l’état mental émotionnel des personnages tout en y ajoutant une touche esthétique.
C’est un mélange de vieux et neuf. Cela permet de connecter les personnages entre eux, avec la mer et avec la baleine.
Je voulais aussi créer de l’intimité et de l’intensité. Anthony Dod Mantle permet avec une petite caméra de créer des angles originaux connectés avec l’action d’une façon inusuelle.

Auriez-vous envie de faire un film Happy Days ? Et quel acteur voyez-vous interpréter Richie ? Enfin, qu’en est-il de ce documentaire sur les Beatles

Je n’ai pas l’ambition de diriger un film Happy Days même si j’ai aimé travaillé sur la série et que j’en garde de très bons souvenirs.
Je verrais bien dans le rôle de Richie, Justin Bieber.
Quand mes enfant ont grandit, j’ai eu envie de faire un film sur les Beatles.
Quand j’ai fait Ruch, mon producteur m’a parlé d’un projet de documentaire sur les Beatles en tournée de1962 à 1966. C’était un grand groupe et j’ai envie d’atteindre les expectations de tout le monde.
Mais la tache est très dure, peut-être impossible.

Aimeriez-vous être à nouveau acteur ?

Je n’ai pas envie de jouer à nouveau et suis trop occupé à réaliser des films.

Pourquoi le film est en 3D ? Il a été convertit ou pensé ainsi dès le départ ?

Je n’ai pas eu le temps et le budget de le tourner en 3D. Nous avons ensuite eu le temps de transformer le film en 3D. Warner a l’habitude de faire cela.
Cela n’a pas impacté la sortie du film car ça a été une décision marketing de repousser la sortie et j’ai été d’accord parce que pendant les vacances, les gens peuvent aller voir les films qu’ils veulent.
Je suis excité de venir ici maintenant.
J’ai été très content de la version 3D et cela devrait plaire à ceux qui aiment la 3D car cela ajoute de la texture et de la profondeur au film.
Mais la 3D n’était pas prévue au départ et le film a été pensé pour offrir une expérience immersive totale.

Dans votre filmographie, il y a toujours une forme de courage exploité. Est-ce voulu et quels sont les nouveaux axes que vous voudriez explorer ?

J’ai toujours été intéressé par les différents moyens de mise à l’épreuve : les challenges permettent de se tester, on peut aussi montrer son vrai courage.
Ce film est un exemple de ces deux éléments, le challenge et le courage.
Je ne sais pas si je serais courageux dans les situations dans lesquels sont mes personnages, mais je prends mon inspiration dans la véritable vie ou dans les films et séries télévisées comme ceux qui servent, se sacrifient…
Cela m’intéresse. Il n’y a pas d’éléments artificiels dans mes histoires mais si une situation nécessitant le courage existe, elle va mettre en valeur le courage des différents personnages.

Comment les deux acteurs principaux ont travaillé sur le projet ?

C’était un tournage très intensif sur une période courte. Chacun des deux acteurs principaux se sont beaucoup documentés, et ont parfois sorti des répliques issues de textes d’époque.
De plus il y a un grand livre sur Moby Dick qui les a beaucoup aidés.
Pendant tournage et les répétitions, on pouvait avoir 2 ou 3 niveaux de lecture ce qui permettait d’explorer l’émotion.

Que feriez-vous si la Fox vous demandait de faire un remake de Willow ?

J’adore Georges Lucas qui a produit et co-écrit le film.
Je n’ai pas envie de refaire mes propres films.
J’ai utilisé de la fantasy pour Willow. Les nouveaux effets spéciaux pourraient faire évoluer le personnage.
J’ai envie de faire mon troisième film issu des livres de Dan Brown. J’aime l’aspect psychologique dans Inferno. J’adore travailler avec Tom Hanks !

A l’issue de la rencontre, Ron Howard demande à l’assistance si elle a envie de voir une suite de Willow. C’est un non unanime du public qui le ravi.

Merci à Ron Howard d’avoir répondu aux questions du public dans cet échange très intéressant. C’est un homme très sympathique et passionné qui n’a pas hésité à passer plus de temps en notre compagnie que prévu. Merci aussi à Warner Bros d’avoir invité Unification à cette belle rencontre.

Rencontre filmée


Au cœur de l’océan est un beau film maritime, grand spectacle, qui entraîne le spectateur sur le baleinier ayant inspiré Herman Melville pour son Moby Dick. Chasse à la baleine au 19ème siècle, océan à perte de vue, tension entre les hommes et naufrage font du film un beau divertissement dont vous pouvez en retrouver prochainement la critique sur notre site.

Bande annonce


Au Cœur de l’Océan - Featurette Officielle - Le Mythe de Moby Dick VOST


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Ron Howard : La rencontre



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